Visākhā, une femme riche de Sāvatthi, qui avait de nombreux enfants et petits-enfants, avait donné à l’ordre le Pubbārāma, ou Jardin oriental, et fut la première, dans le nord du Kosala, à devenir une matrone des sœurs laïques.
Lorsque le Bienheureux séjourna à Sāvatthi, Visākhā se rendit auprès de lui et l’invita à prendre son repas chez elle ; le Bienheureux accepta.
Une forte pluie tomba pendant la nuit et le lendemain matin ; les bhikkhus ôtèrent leurs robes pour les garder sèches et laissèrent la pluie tomber sur leur corps.
Le lendemain, lorsque le Bienheureux eut terminé son repas, elle prit place à ses côtés et lui dit : « Huit faveurs, Seigneur, voilà ce que je demande au Bienheureux. »
Le Bienheureux dit : « Les Tathāgatas, ô Visākhā, n’accordent aucune faveur avant d’en connaître la nature. »
Visākhā répondit : « Seigneur, les faveurs que je demande sont convenables et sans objection. »
Ayant reçu la permission d’exposer ses requêtes, Visākhā dit : « Je désire, Seigneur, tout au long de ma vie, offrir à la Sangha des robes pour la saison des pluies, de la nourriture pour les bhikkhus qui arrivent et pour ceux qui partent, de la nourriture pour les malades et pour ceux qui prennent soin d’eux, des médicaments pour les malades, une provision constante de lait de riz pour la Sangha, ainsi que des robes de bain pour les bhikkhunīs, les sœurs. »
Lorsque le Bienheureux séjourna à Sāvatthi, Visākhā se rendit auprès de lui et l’invita à prendre son repas chez elle ; le Bienheureux accepta.
Une forte pluie tomba pendant la nuit et le lendemain matin ; les bhikkhus ôtèrent leurs robes pour les garder sèches et laissèrent la pluie tomber sur leur corps.
Le lendemain, lorsque le Bienheureux eut terminé son repas, elle prit place à ses côtés et lui dit : « Huit faveurs, Seigneur, voilà ce que je demande au Bienheureux. »
Le Bienheureux dit : « Les Tathāgatas, ô Visākhā, n’accordent aucune faveur avant d’en connaître la nature. »
Visākhā répondit : « Seigneur, les faveurs que je demande sont convenables et sans objection. »
Ayant reçu la permission d’exposer ses requêtes, Visākhā dit : « Je désire, Seigneur, tout au long de ma vie, offrir à la Sangha des robes pour la saison des pluies, de la nourriture pour les bhikkhus qui arrivent et pour ceux qui partent, de la nourriture pour les malades et pour ceux qui prennent soin d’eux, des médicaments pour les malades, une provision constante de lait de riz pour la Sangha, ainsi que des robes de bain pour les bhikkhunīs, les sœurs. »
Le Bouddha dit : « Mais quelle circonstance as-tu à l’esprit, ô Visākhā, en demandant ces huit faveurs au Tathâgata ? »
Et Visākhā répondit :
« J’ai donné cet ordre à ma servante : “Va annoncer à la communauté que le repas est prêt.” La servante partit, mais, en arrivant au vihâra, elle vit que les bhikkhus avaient ôté leurs robes tandis qu’il pleuvait ; elle pensa : “Ce ne sont pas des bhikkhus, mais des ascètes nus qui se laissent tomber la pluie dessus.” Elle revint donc auprès de moi et me rapporta cela ; je dus l’envoyer une seconde fois. Seigneur, la nudité est impure et répugnante. C’est cette circonstance, Seigneur, que j’avais à l’esprit en souhaitant fournir à la Sangha, toute ma vie durant, des vêtements spéciaux à porter pendant la saison des pluies.
« Quant à mon deuxième souhait, Seigneur, un bhikkhu nouvellement arrivé, incapable de prendre les routes directes et ignorant les lieux où il peut se procurer de la nourriture, arrive épuisé après avoir cherché l’aumône. C’est cette circonstance, Seigneur, que j’avais à l’esprit en souhaitant fournir à la Sangha, toute ma vie durant, de la nourriture aux bhikkhus nouvellement arrivés.
« Troisièmement, Seigneur, un bhikkhu qui part, tandis qu’il cherche l’aumône, peut se retrouver à la traîne ou arriver trop tard au lieu où il souhaite se rendre, et prendre la route épuisé.
Et Visākhā répondit :
« J’ai donné cet ordre à ma servante : “Va annoncer à la communauté que le repas est prêt.” La servante partit, mais, en arrivant au vihâra, elle vit que les bhikkhus avaient ôté leurs robes tandis qu’il pleuvait ; elle pensa : “Ce ne sont pas des bhikkhus, mais des ascètes nus qui se laissent tomber la pluie dessus.” Elle revint donc auprès de moi et me rapporta cela ; je dus l’envoyer une seconde fois. Seigneur, la nudité est impure et répugnante. C’est cette circonstance, Seigneur, que j’avais à l’esprit en souhaitant fournir à la Sangha, toute ma vie durant, des vêtements spéciaux à porter pendant la saison des pluies.
« Quant à mon deuxième souhait, Seigneur, un bhikkhu nouvellement arrivé, incapable de prendre les routes directes et ignorant les lieux où il peut se procurer de la nourriture, arrive épuisé après avoir cherché l’aumône. C’est cette circonstance, Seigneur, que j’avais à l’esprit en souhaitant fournir à la Sangha, toute ma vie durant, de la nourriture aux bhikkhus nouvellement arrivés.
« Troisièmement, Seigneur, un bhikkhu qui part, tandis qu’il cherche l’aumône, peut se retrouver à la traîne ou arriver trop tard au lieu où il souhaite se rendre, et prendre la route épuisé.
« Quatrièmement, Seigneur, si un bhikkhu malade n’obtient pas une nourriture qui lui convienne, son mal peut s’aggraver et il peut mourir.
« Cinquièmement, Seigneur, un bhikkhu qui soigne les malades perdra l’occasion de sortir pour chercher sa propre nourriture.
« Sixièmement, Seigneur, si un bhikkhu malade n’obtient pas les médicaments qui lui conviennent, son mal peut s’aggraver et il peut mourir.
« Septièmement, Seigneur, j’ai entendu dire que le Bienheureux a loué le lait de riz, parce qu’il rend l’esprit alerte et dissipe la faim et la soif ; il est sain comme aliment pour les bien-portants et comme médicament pour les malades. C’est pourquoi je désire fournir à la Sangha, tout au long de ma vie, du lait de riz en abondance.
« Enfin, Seigneur, les bhikkhunīs ont l’habitude de se baigner dans la rivière Achiravatī avec les courtisanes, au même débarcadère, et nues. Et les courtisanes, Seigneur, se moquent des bhikkhunīs en disant : “À quoi bon, mesdames, garder la chasteté quand vous êtes jeunes ? Gardez-la donc quand vous serez vieilles ; vous pourrez ainsi connaître à la fois les plaisirs du monde et la consolation religieuse.” La nudité est impure, Seigneur, pour une femme ; elle est répugnante et odieuse.
« Voilà les circonstances que j’avais à l’esprit. »
Le Bienheureux dit : « Mais quel avantage avais-tu à l’esprit pour toi-même, ô Visākhā, en demandant au Tathāgata les huit faveurs ? »
« Cinquièmement, Seigneur, un bhikkhu qui soigne les malades perdra l’occasion de sortir pour chercher sa propre nourriture.
« Sixièmement, Seigneur, si un bhikkhu malade n’obtient pas les médicaments qui lui conviennent, son mal peut s’aggraver et il peut mourir.
« Septièmement, Seigneur, j’ai entendu dire que le Bienheureux a loué le lait de riz, parce qu’il rend l’esprit alerte et dissipe la faim et la soif ; il est sain comme aliment pour les bien-portants et comme médicament pour les malades. C’est pourquoi je désire fournir à la Sangha, tout au long de ma vie, du lait de riz en abondance.
« Enfin, Seigneur, les bhikkhunīs ont l’habitude de se baigner dans la rivière Achiravatī avec les courtisanes, au même débarcadère, et nues. Et les courtisanes, Seigneur, se moquent des bhikkhunīs en disant : “À quoi bon, mesdames, garder la chasteté quand vous êtes jeunes ? Gardez-la donc quand vous serez vieilles ; vous pourrez ainsi connaître à la fois les plaisirs du monde et la consolation religieuse.” La nudité est impure, Seigneur, pour une femme ; elle est répugnante et odieuse.
« Voilà les circonstances que j’avais à l’esprit. »
Le Bienheureux dit : « Mais quel avantage avais-tu à l’esprit pour toi-même, ô Visākhā, en demandant au Tathāgata les huit faveurs ? »
« Les bhikkhus qui auront passé la saison des pluies en divers lieux viendront, Seigneur, à Sāvatthi rendre visite au Bienheureux. Et, en venant auprès du Bienheureux, ils lui demanderont : “Tel ou tel bhikkhu, Seigneur, est mort. Quelle est maintenant sa destinée ?” Alors le Bienheureux leur expliquera qu’il a obtenu les fruits de la conversion, qu’il a atteint l’état d’arahant ou qu’il est entré dans le Nirvāna, selon le cas.
« Et moi, allant vers eux, je leur demanderai : “Ce frère, Messieurs, a-t-il autrefois séjourné à Sāvatthi ?” S’ils me répondent : “Il a autrefois séjourné à Sāvatthi”, alors j’en conclurai : “À coup sûr, ce frère a bénéficié soit des robes de la saison des pluies, soit de la nourriture destinée aux bhikkhus qui arrivent, soit de celle destinée aux bhikkhus qui partent, soit de celle destinée aux malades, soit de celle destinée à ceux qui soignent les malades, soit des remèdes pour les malades, soit de la provision régulière de lait de riz.”
« Alors la joie naîtra en moi ; ainsi réjoui, je ressentirai de la joie ; et, dans cette allégresse, tout mon esprit sera en paix. Ainsi en paix, j’éprouverai un heureux sentiment de contentement ; et, dans cette félicité, mon cœur trouvera le repos. Ce sera pour moi un exercice de mon sens moral, un exercice de mes forces morales, un exercice des sept sortes de sagesse ! Voilà, Seigneur, l’avantage que j’avais en vue pour moi-même en demandant au Bienheureux ces huit faveurs. »
« Et moi, allant vers eux, je leur demanderai : “Ce frère, Messieurs, a-t-il autrefois séjourné à Sāvatthi ?” S’ils me répondent : “Il a autrefois séjourné à Sāvatthi”, alors j’en conclurai : “À coup sûr, ce frère a bénéficié soit des robes de la saison des pluies, soit de la nourriture destinée aux bhikkhus qui arrivent, soit de celle destinée aux bhikkhus qui partent, soit de celle destinée aux malades, soit de celle destinée à ceux qui soignent les malades, soit des remèdes pour les malades, soit de la provision régulière de lait de riz.”
« Alors la joie naîtra en moi ; ainsi réjoui, je ressentirai de la joie ; et, dans cette allégresse, tout mon esprit sera en paix. Ainsi en paix, j’éprouverai un heureux sentiment de contentement ; et, dans cette félicité, mon cœur trouvera le repos. Ce sera pour moi un exercice de mon sens moral, un exercice de mes forces morales, un exercice des sept sortes de sagesse ! Voilà, Seigneur, l’avantage que j’avais en vue pour moi-même en demandant au Bienheureux ces huit faveurs. »
Le Bienheureux dit : « C’est bien, c’est bien, Visākhā. Tu as bien fait de demander ces huit faveurs au Tathâgata en considérant de tels avantages. La charité accordée à ceux qui en sont dignes ressemble à une bonne semence semée dans une bonne terre, qui donne une abondante récolte. Mais les aumônes données à ceux qui sont encore sous le joug tyrannique des passions ressemblent à une semence déposée dans une mauvaise terre. Les passions de celui qui reçoit l’aumône étouffent, pour ainsi dire, la croissance des mérites. »
Et le Bienheureux remercia Visākhā en ces vers :
« Ô noble femme à la vie droite, disciple du Bienheureux, tu donnes sans compter, le cœur pur.
« Tu répands la joie, tu apaises la douleur, et, en vérité, ton don sera une bénédiction pour beaucoup d’autres autant que pour toi. »
Et le Bienheureux remercia Visākhā en ces vers :
« Ô noble femme à la vie droite, disciple du Bienheureux, tu donnes sans compter, le cœur pur.
« Tu répands la joie, tu apaises la douleur, et, en vérité, ton don sera une bénédiction pour beaucoup d’autres autant que pour toi. »