Bouddhisme

Bodhicaryâvatâra, Chapitre 2 — Confession des péchés

54. J’ai violé votre parole : mais je vois ce qu’il m’en coûte et j’ai peur. Je prends refuge en vous : ne tardez pas et sauvez-moi du danger.
55. Quand on redoute une maladie légère, on ne va pas désobéir au médecin. Encore moins quand on est attaqué par les quatre cent quatre maladies.
56. Or il est des maladies dont une seule peut emporter tous les hommes du Jambudvïpa, et qui sont sans remède humain.
57. Pour ces maladies, il est un médecin omniscient, habile à guérir toutes les souffrances : ce médecin, je méprise sa parole. — N’est-ce pas le comble de la folie ?
58. Au bord d’un précipice, je ne m’aventure qu’avec une extrême attention : et j’irai côtoyer sans méfiance l’abîme sans fond et sans issue des enfers ?
59. Ce n’est pas aujourd’hui que viendra la mort ? — Est-ce une raison pour être en repos ? Elle viendra sans doute l’heure où c’en sera fait de moi.
60. Qui me dira : « Ne crains pas », ou quelle issue pour m’échapper ? — À coup sûr, je mourrai : reste calme, ô mon âme, si tu le peux !
61-62. Tu n’as rien retiré de toutes tes sensations, abolies aujourd’hui ; tu t’y es absorbée, tu as violé la parole des maîtres, et tu vas quitter ce monde des vivants, tes parents et tes amis. Tu t’en iras, toute seule, je ne sais où. À quoi t’ont servi les amours et les haines ?
63. Mortel et pécheur, il convient que je pense nuit et jour à une seule chose : « Du péché procède nécessairement la souffrance ; comment échapper au péché ? »
64-65. Le péché que ma sottise et mon égarement ont accumulé, péché contre la loi naturelle, péché contre les lois de la Confrérie, sans réserve je le confesse en présence des Protecteurs, humblement prosterné dans mon effroi, humblement prosterné.
66. Je ne le cache pas : vous le voyez comme il est ; et je m’engage, ô mes Protecteurs, à ne plus le commettre volontairement.

Source Shântideva, Bodhicaryâvatâra, trad. L. de La Vallée-Poussin (1907), archive.org (OCR corrigé) · Sommaire