Le Bouddhisme du Grand Véhicule — et c'est son indiscutable originalité — en même temps qu'il organisait ainsi une vie spirituelle toute d'activité, d'adoration et de miséricorde, développait jusqu'à leurs dernières conséquences les principes nihilistiques de l'ancienne école bouddhique. Le Bouddha — du moins la tradition la plus archaïque en fait foi — avait affirmé qu'il n'existe pas de « moi » permanent, et enseigné que l'homme n'est autre chose qu'un complexe d'éléments, les uns matériels, les autres spirituels, complexe dont la responsabilité des actes maintient l'intégrité à travers les existences successives, et dont la dissolution suivra nécessairement la « dégustation » des fruits des actes anciens et la cessation d'actes nouveaux. Le Grand Véhicule a systématisé et rationnellement « démontré » cette doctrine ; bien plus, il a reconnu que les phénomènes eux-mêmes n'existent pas en réalité, et il a résumé toute psychologie et toute cosmologie dans ce seul mot : « vacuité » (śūnyatā). Par la connaissance de la « vacuité », on supprime l'illusion de la pensée. L'illumination parfaite des Bouddhas n'est autre chose.
1. Je me sers de la majuscule pour distinguer ces deux catégories de futurs Bouddhas : les Bodhisattvas, ou « futurs Bouddhas qui commencent » (âdikarmikā), chez lesquels il y a tout au moins un désir de charité ; mais ils peuvent manquer de moralité comme de science ; ils peuvent commettre des péchés graves et renaître dans les enfers, etc. Les Bodhisattvas, non seulement évitent tout péché mais possèdent un « corps de jouissance » (sambhogakāya) ; trônent dans les Paradis à côté des Bouddhas ; s'incarnent et se manifestent dans tous les mondes, enfers y compris, pour sauver les créatures. Les « terrasses » ou « grades » des « futurs Bouddhas » sont tantôt au nombre de dix (Mahāvastu, Daçabhūmaka, Madhyamakāvatāra), tantôt au nombre de cinq (Bodhisattvabhūmi). Je n'entrerai pas ici dans les détails (Voir le « Sommaire du Bodhisattvabhūmi » dans Muséon II, 1890 et suiv. et le Madhyamakâvatâra, texte tibétain dans Bibliotheca Buddhica et traduction en préparation).
1. Je me sers de la majuscule pour distinguer ces deux catégories de futurs Bouddhas : les Bodhisattvas, ou « futurs Bouddhas qui commencent » (âdikarmikā), chez lesquels il y a tout au moins un désir de charité ; mais ils peuvent manquer de moralité comme de science ; ils peuvent commettre des péchés graves et renaître dans les enfers, etc. Les Bodhisattvas, non seulement évitent tout péché mais possèdent un « corps de jouissance » (sambhogakāya) ; trônent dans les Paradis à côté des Bouddhas ; s'incarnent et se manifestent dans tous les mondes, enfers y compris, pour sauver les créatures. Les « terrasses » ou « grades » des « futurs Bouddhas » sont tantôt au nombre de dix (Mahāvastu, Daçabhūmaka, Madhyamakāvatāra), tantôt au nombre de cinq (Bodhisattvabhūmi). Je n'entrerai pas ici dans les détails (Voir le « Sommaire du Bodhisattvabhūmi » dans Muséon II, 1890 et suiv. et le Madhyamakâvatâra, texte tibétain dans Bibliotheca Buddhica et traduction en préparation).
que la conscience du vide universel, c'est-à-dire une non-conscience définitive.
4. Pour devenir Bouddha, le fidèle doit, avons-nous dit, acquérir les mérites (puṇya) et la connaissance (jñāna) d'un Bouddha. C'est la double provision, le double « équipement » (sambhāra). Par mérites, on entend surtout le « don » ou charité ; par connaissance, la science du vide : il semble que la contradiction soit flagrante. Mais, en psychologues affinés, les bouddhistes observent qu'il est impossible d'être charitable si l'on croit à la permanence, à l'existence du « moi » ; que, d'autre part, l'illusion de l'égoïsme est trop profondément enracinée pour que la vue abstraite du néant ontologique la détruise du premier coup : il y faut, non seulement un exercice répété (abhyāsa), mais encore un entraînement pratique, c'est-à-dire l'habitude de donner, l'habitude de se sacrifier au prochain. La science et la charité sont donc comme les deux ailes de l'oiseau ; elles se complètent et se perfectionnent réciproquement.
Le fidèle Bodhisattva doit, d'abord, en présence de tous les Bouddhas et de tous les Bodhisattvas, faire vœu de devenir Bouddha pour le salut des créatures ; il applique toutes ses bonnes œuvres à cette intention, il pratique les vertus parfaites (pāramitās), qui sont la charité, œuvres spirituelles et temporelles ; la moralité, ou observation des lois prohibitives de l'ancien Bouddhisme ; la patience, tant à l'égard de la souffrance que des injures ; la science, c'est-à-dire la connaissance vraie du vide. Les vertus de force et de méditation, recueillement ou concentration de la pensée, servent à l'acquisition du mérite et de la science.
4. Pour devenir Bouddha, le fidèle doit, avons-nous dit, acquérir les mérites (puṇya) et la connaissance (jñāna) d'un Bouddha. C'est la double provision, le double « équipement » (sambhāra). Par mérites, on entend surtout le « don » ou charité ; par connaissance, la science du vide : il semble que la contradiction soit flagrante. Mais, en psychologues affinés, les bouddhistes observent qu'il est impossible d'être charitable si l'on croit à la permanence, à l'existence du « moi » ; que, d'autre part, l'illusion de l'égoïsme est trop profondément enracinée pour que la vue abstraite du néant ontologique la détruise du premier coup : il y faut, non seulement un exercice répété (abhyāsa), mais encore un entraînement pratique, c'est-à-dire l'habitude de donner, l'habitude de se sacrifier au prochain. La science et la charité sont donc comme les deux ailes de l'oiseau ; elles se complètent et se perfectionnent réciproquement.
Le fidèle Bodhisattva doit, d'abord, en présence de tous les Bouddhas et de tous les Bodhisattvas, faire vœu de devenir Bouddha pour le salut des créatures ; il applique toutes ses bonnes œuvres à cette intention, il pratique les vertus parfaites (pāramitās), qui sont la charité, œuvres spirituelles et temporelles ; la moralité, ou observation des lois prohibitives de l'ancien Bouddhisme ; la patience, tant à l'égard de la souffrance que des injures ; la science, c'est-à-dire la connaissance vraie du vide. Les vertus de force et de méditation, recueillement ou concentration de la pensée, servent à l'acquisition du mérite et de la science.
5. Comme son titre l'indique, « l'Introduction à la pratique des Bodhisattvas », développement du schéma qui vient d'être exposé, est un traité de la vie spirituelle qui conduit à l'état de Bouddha. L'auteur, Çāntideva, théologien du VIIe siècle, expose une doctrine depuis longtemps traditionnelle, nous ne saurions en douter. Dans quelle mesure il peut l'avoir perfectionnée, dans quelle mesure il faut lui faire gloire des pensées émues ou ingénieuses qui abondent dans son ouvrage, il est possible de le dire avec quelque précision. Mais ce n'est pas pour l'instant d'un intérêt urgent, car le lecteur se préoccupe peu de la gloire littéraire ou de la sainteté de notre auteur. Disons seulement que plusieurs de ses strophes, constituant un rituel complet : « confession des péchés, refuge en Bouddha, complaisance en Bouddha, application du mérite, don de soi-même, etc. », sont canoniques. — En lisant Çāntideva, nous apprenons à connaître le Bouddhisme du Grand Véhicule et la vie spirituelle qu'il enseigne.
1) Devant les Bouddhas, devant leurs fils [les Bodhisattvas], devant le corps de la Loi, je me prosterne avec un respect profond, et devant tous les amis spirituels ; car je vais exposer le chemin de la vie religieuse des fils des Bouddhas, sans m’écarter de l’Écriture, mais en résumé.
2) Je n’ai rien à dire de nouveau, en effet, et je ne suis pas un artiste en composition littéraire : si j’ai fait ce livre, c’est seulement pour sanctifier mon propre cœur et sans avoir en vue l’utilité du prochain.
1) Devant les Bouddhas, devant leurs fils [les Bodhisattvas], devant le corps de la Loi, je me prosterne avec un respect profond, et devant tous les amis spirituels ; car je vais exposer le chemin de la vie religieuse des fils des Bouddhas, sans m’écarter de l’Écriture, mais en résumé.
2) Je n’ai rien à dire de nouveau, en effet, et je ne suis pas un artiste en composition littéraire : si j’ai fait ce livre, c’est seulement pour sanctifier mon propre cœur et sans avoir en vue l’utilité du prochain.
3) [Pour sanctifier mon propre cœur ?] Car, tandis que je le médite, le courant de mes pensées purifiées se porte toujours plus puissant vers le bien. — Mais mon livre n’aura-t-il pas quelque autre utilité, s’il arrive qu’un homme qui me ressemble vienne à le connaître ?
4) Combien difficile à obtenir cet état béni qui réunit toutes les conditions du bonheur temporel et de la délivrance ! Si l’homme n’en profite pas pour réfléchir au salut, c’en est fait pour bien longtemps de pareille rencontre.
5) De même qu’un éclair brille un instant dans l’obscurité de la nuit et des nuages, de même, par la grâce du Bouddha, il arrive que la pensée des hommes se tourne un instant vers le bien ; adonnée au mal dès l’origine, comment pourrait-elle s’y fixer ?
6) Aussi les mérites acquis sont-ils toujours impuissants à combattre la force irrésistible du péché effroyable. N’était la pensée de Bodhi, quelle vertu pourrait vaincre la force du péché ?
7) Pendant les nombreux millénaires de leur carrière de bodhisattvas, les Rois-Bouddhas ont médité : ils ont découvert cette pensée de Bodhi, véritablement salutaire, puisqu’elle fait parvenir sans peine au bonheur suprême [de la Bodhi] la foule innombrable des êtres.
8) Voulez-vous traverser les mille douleurs de l'existence, calmer les souffrances des créatures, goûter mille et mille bonheurs ? N'abandonnez jamais la pensée de Bodhi.
4) Combien difficile à obtenir cet état béni qui réunit toutes les conditions du bonheur temporel et de la délivrance ! Si l’homme n’en profite pas pour réfléchir au salut, c’en est fait pour bien longtemps de pareille rencontre.
5) De même qu’un éclair brille un instant dans l’obscurité de la nuit et des nuages, de même, par la grâce du Bouddha, il arrive que la pensée des hommes se tourne un instant vers le bien ; adonnée au mal dès l’origine, comment pourrait-elle s’y fixer ?
6) Aussi les mérites acquis sont-ils toujours impuissants à combattre la force irrésistible du péché effroyable. N’était la pensée de Bodhi, quelle vertu pourrait vaincre la force du péché ?
7) Pendant les nombreux millénaires de leur carrière de bodhisattvas, les Rois-Bouddhas ont médité : ils ont découvert cette pensée de Bodhi, véritablement salutaire, puisqu’elle fait parvenir sans peine au bonheur suprême [de la Bodhi] la foule innombrable des êtres.
8) Voulez-vous traverser les mille douleurs de l'existence, calmer les souffrances des créatures, goûter mille et mille bonheurs ? N'abandonnez jamais la pensée de Bodhi.
9) Le misérable que les passions enchaînent dans cette prison qui est l'existence, est aussitôt proclamé fils des Sugatas : il devient vénérable au monde des hommes et des immortels, dès que la pensée de Bodhi prend naissance en lui.
10) Ce corps impur devient cette perle inappréciable qui est un corps de Bouddha : prenez, prenez l'élixir qui accomplit une si merveilleuse métamorphose et qu'on appelle la pensée de Bodhi.
11) Cette perle de la pensée de Bodhi qu'ont éprouvée et reconnue très précieuse les très intelligents et uniques conducteurs de la caravane du monde, ô vous qui passez d'existence en existence [comme les marchands vont de marché en marché], prenez, prenez cette perle !
12) Semblable au bananier, tout mérite s'anéantit en portant son fruit ; mais, semblable à un arbre, la pensée de Bodhi fructifie en tout temps et sans s'épuiser ; elle est véritablement féconde.
13) Eût-il commis des péchés effroyables, l'homme les franchit sur-le-champ s'il prend recours dans la pensée de Bodhi. Allez vers elle, créatures aveugles, comme les coupables cherchent la protection d'un héros !
14) Elle consume à l'instant les grands péchés avec les ardeurs du feu cosmique. — Lisez les éloges infinis qu'en a faits le Bodhisattva, le protecteur Maitreya, dans ses réponses à Sudhana.
15) Il y a, en résumé, deux pensées de Bodhi : le vœu de Bodhi, la marche vers la Bodhi.
10) Ce corps impur devient cette perle inappréciable qui est un corps de Bouddha : prenez, prenez l'élixir qui accomplit une si merveilleuse métamorphose et qu'on appelle la pensée de Bodhi.
11) Cette perle de la pensée de Bodhi qu'ont éprouvée et reconnue très précieuse les très intelligents et uniques conducteurs de la caravane du monde, ô vous qui passez d'existence en existence [comme les marchands vont de marché en marché], prenez, prenez cette perle !
12) Semblable au bananier, tout mérite s'anéantit en portant son fruit ; mais, semblable à un arbre, la pensée de Bodhi fructifie en tout temps et sans s'épuiser ; elle est véritablement féconde.
13) Eût-il commis des péchés effroyables, l'homme les franchit sur-le-champ s'il prend recours dans la pensée de Bodhi. Allez vers elle, créatures aveugles, comme les coupables cherchent la protection d'un héros !
14) Elle consume à l'instant les grands péchés avec les ardeurs du feu cosmique. — Lisez les éloges infinis qu'en a faits le Bodhisattva, le protecteur Maitreya, dans ses réponses à Sudhana.
15) Il y a, en résumé, deux pensées de Bodhi : le vœu de Bodhi, la marche vers la Bodhi.
16) Telle la différence de celui qui veut partir et de celui qui est en route, telle la différence que les savants établissent entre les deux pensées de Bodhi.
17) Le simple vœu de Bodhi porte de grands fruits de bonheur temporel [sans parler du salut] ; mais pour celui qui possède la pensée active de Bodhi, sa pensée se change en un fleuve ininterrompu de mérites.
18-19) Aussitôt qu'il a pris possession de cette pensée pour la délivrance de tous les êtres de cet univers, dans une âme qui ne peut plus revenir en arrière ; aussitôt, malgré le sommeil et les fréquentes distractions, se gonflent jusqu'à l'empyrée les torrents ininterrompus de ses mérites.
20) Cette vertu de la pensée de Bodhi, le Tathâgata lui-même l'a affirmée et expliquée dans le Suhr̥llekhapari-pr̥cchāsūtra pour le salut des hommes qui veulent entrer dans le Véhicule inférieur.
21 La résolution d’apaiser [soit par des formules, soit par des remèdes], le mal de tête [de quelques personnes], c’est une résolution infiniment méritoire.
22 Que dire de celui qui veut délivrer chacune des innombrables créatures d’une souffrance sans mesure, et la doter d’inappréciables qualités ?
23 Chez qui trouver, dans le passé ou dans l’avenir, semblable désir d’un tel bien ? Chez quelle mère, chez quel père, chez quel dieu, chez quel solitaire, chez quel brahmane ?
17) Le simple vœu de Bodhi porte de grands fruits de bonheur temporel [sans parler du salut] ; mais pour celui qui possède la pensée active de Bodhi, sa pensée se change en un fleuve ininterrompu de mérites.
18-19) Aussitôt qu'il a pris possession de cette pensée pour la délivrance de tous les êtres de cet univers, dans une âme qui ne peut plus revenir en arrière ; aussitôt, malgré le sommeil et les fréquentes distractions, se gonflent jusqu'à l'empyrée les torrents ininterrompus de ses mérites.
20) Cette vertu de la pensée de Bodhi, le Tathâgata lui-même l'a affirmée et expliquée dans le Suhr̥llekhapari-pr̥cchāsūtra pour le salut des hommes qui veulent entrer dans le Véhicule inférieur.
21 La résolution d’apaiser [soit par des formules, soit par des remèdes], le mal de tête [de quelques personnes], c’est une résolution infiniment méritoire.
22 Que dire de celui qui veut délivrer chacune des innombrables créatures d’une souffrance sans mesure, et la doter d’inappréciables qualités ?
23 Chez qui trouver, dans le passé ou dans l’avenir, semblable désir d’un tel bien ? Chez quelle mère, chez quel père, chez quel dieu, chez quel solitaire, chez quel brahmane ?
24 Dans aucune créature, même intéressé, même en rêve, semblable souhait n’avait jamais surgi : plus inouï encore parfaitement désintéressé.
25 D’où nous vient le bodhisattva, perle unique, incomparable ? Les autres, même dans leur intérêt propre, ne désirent pas le bien d’autrui.
26 Cette perle de la pensée, la pensée de Bodhi, semence de la joie du monde, remède à la souffrance du monde, comment apprécier sa sainteté ?
27 Le simple désir du bien du monde est plus méritoire que le culte du Bouddha. Que dire des efforts [du Bodhisattva] pour la félicité complète de toute créature ?
28-30 C’est à la souffrance que les hommes se précipitent pour s’évader de la souffrance, par désir de bonheur, ennemis d’eux-mêmes, perdant comme des fous leur bonheur ; ils sont avides de bonheur et constamment torturés. Celui qui les rassasiera de tous les bonheurs, apaisera leurs tourments, éclairera leur folie, où trouver semblable bonté, pareil ami, si grande sainteté ?
31 On loue ceux qui rendent le bien pour le bien : que dire du Bodhisattva qui donne spontanément ?
32 On loue celui qui offre à quelques personnes un banquet de charité ; on dit qu’il fait le bien : sa prodigalité ne dure qu’une heure, et les vivres médiocres qu’il fournit orgueilleusement soutiennent à peine les pauvres une demi-journée !
25 D’où nous vient le bodhisattva, perle unique, incomparable ? Les autres, même dans leur intérêt propre, ne désirent pas le bien d’autrui.
26 Cette perle de la pensée, la pensée de Bodhi, semence de la joie du monde, remède à la souffrance du monde, comment apprécier sa sainteté ?
27 Le simple désir du bien du monde est plus méritoire que le culte du Bouddha. Que dire des efforts [du Bodhisattva] pour la félicité complète de toute créature ?
28-30 C’est à la souffrance que les hommes se précipitent pour s’évader de la souffrance, par désir de bonheur, ennemis d’eux-mêmes, perdant comme des fous leur bonheur ; ils sont avides de bonheur et constamment torturés. Celui qui les rassasiera de tous les bonheurs, apaisera leurs tourments, éclairera leur folie, où trouver semblable bonté, pareil ami, si grande sainteté ?
31 On loue ceux qui rendent le bien pour le bien : que dire du Bodhisattva qui donne spontanément ?
32 On loue celui qui offre à quelques personnes un banquet de charité ; on dit qu’il fait le bien : sa prodigalité ne dure qu’une heure, et les vivres médiocres qu’il fournit orgueilleusement soutiennent à peine les pauvres une demi-journée !
33 Que dire du Bodhisattva qui donne à la multitude des êtres et pendant un temps illimité, — jusqu’à la fin des temps, — l’accomplissement parfait de tous les désirs ?
34 Tel est le fils du Bouddha, maître du véritable banquet. Le Bouddha l’a déclaré : « Quiconque pèche dans son cœur contre lui reste en enfer autant de siècles que la pensée mauvaise a duré de secondes. »
35 Mais quand le cœur s’apaise et se complaît dans le Bodhisattva, c’est un mérite si grand qu’il détruit les anciens péchés. Et ne faut-il pas vraiment se faire violence pour offenser les Bodhisattvas ? N’est-ce pas tout naturellement qu’on les aime ?
36 Je rends hommage aux corps des Bodhisattvas dans lesquels s’est manifestée cette excellente perle de la bonne pensée : les offenser même porte bonheur. Je prends refuge dans les Bodhisattvas, mines de félicité.
34 Tel est le fils du Bouddha, maître du véritable banquet. Le Bouddha l’a déclaré : « Quiconque pèche dans son cœur contre lui reste en enfer autant de siècles que la pensée mauvaise a duré de secondes. »
35 Mais quand le cœur s’apaise et se complaît dans le Bodhisattva, c’est un mérite si grand qu’il détruit les anciens péchés. Et ne faut-il pas vraiment se faire violence pour offenser les Bodhisattvas ? N’est-ce pas tout naturellement qu’on les aime ?
36 Je rends hommage aux corps des Bodhisattvas dans lesquels s’est manifestée cette excellente perle de la bonne pensée : les offenser même porte bonheur. Je prends refuge dans les Bodhisattvas, mines de félicité.