Ensuite Bhagavat, après avoir prononcé ces stances, parla ainsi à l’assemblée tout entière des Religieux : Je vais vous témoigner mon affection, ô Religieux : je vais vous instruire. Oui, ce Religieux Kâçyapa, l’un de mes Çrâvakas, honorera trente mille fois dix millions de Buddhas, il les traitera avec respect, il leur offrira son hommage, son adoration, ses prières. Il possédera la bonne loi de ces bienheureux Buddhas. À sa dernière existence, dans l’univers nommé Avabhâsa(79 b 2), dans le Kalpa nommé Mahâvyûha, il paraîtra au monde comme Tathâgata, sous le nom de Raçmiprabhâsa, vénérable, etc., doué de science et de conduite, etc. La durée de son existence sera de douze moyens Kalpas ; sa bonne loi subsistera pendant vingt moyens Kalpas, et l’image de sa bonne loi durera vingt autres moyens Kalpas. La terre de Buddha où il paraîtra sera pure, parfaite, débarrassée de pierres, de graviers, d’aspérités, de torrents, de précipices, d’ordures et de taches(80 a 2) ; elle sera unie, agréable, bonne, belle à voir, reposant sur un fond de lapis-lazuli, ornée d’arbres de diamant, couverte d’enceintes tracées en forme de damier avec des cordes d’or, jonchée de fleurs. Là naîtront plusieurs centaines de mille de Bôdhisattvas ; là existeront des centaines de mille de myriades de kôṭis de Çrâvakas en nombre infini. Là ne paraîtra pas Mâra le pêcheur(80 a 3) ; on n’y connaîtra pas la suite de Mâra, car Mâra et sa troupe y reprendront une nouvelle existence ; bien plus, dans cet univers, les Mâras s’appliqueront, sous l’enseignement du bienheureux Tathâgata Raçmiprabhâsa, à comprendre parfaitement la bonne loi.
Alors Bhagavat prononça dans cette occasion les stances suivantes :
1. Je vois, ô Religieux, avec ma vue de Buddha, que le Sthavira Kâçyapa deviendra Buddha, dans l’avenir, dans un Kalpa incalculable, après qu’il aura rendu un culte aux Meilleurs des hommes.
2. Ce Kâçyapa verra trente mille kôṭis complets de Djinas ; ce Religieux, pour obtenir la science de Buddha, remplira alors les devoirs de la conduite religieuse.
3. Après qu’il aura rendu un culte aux Meilleurs des hommes, s’étant perfectionné dans cette science excellente, il sera, au temps de sa dernière existence, le Chef du monde, le grand et incomparable Rĭchi.
4. La terre qu’il habitera sera excellente, variée, pure, très belle à voir, agréable, toujours florissante et ornée de cordes d’or.
5. Là, sur la terre de ce Religieux, des arbres de diamant très variés croîtront çà et là dans des enceintes tracées en forme de damier, et répandront une odeur agréable.
6. Elle sera ornée d’une grande abondance de fleurs, et des fleurs les plus variées ; on n’y rencontrera ni torrents, ni précipices ; elle sera unie, fortunée, belle.
7. Là existeront plusieurs milliers de kôṭis de Bôdhisattvas, doués des grandes facultés surnaturelles et parfaitement maîtres de leurs pensées ; ils comprendront les Sûtras aux grands développements exposés par les Protecteurs.
8. Non, quand même à l’aide d’une science divine, on compterait pendant des Kalpas, on ne pourrait avoir la mesure des Çrâvakas, rois de la loi, exempts d’imperfections, qui y paraîtront dans leur dernière existence.
1. Je vois, ô Religieux, avec ma vue de Buddha, que le Sthavira Kâçyapa deviendra Buddha, dans l’avenir, dans un Kalpa incalculable, après qu’il aura rendu un culte aux Meilleurs des hommes.
2. Ce Kâçyapa verra trente mille kôṭis complets de Djinas ; ce Religieux, pour obtenir la science de Buddha, remplira alors les devoirs de la conduite religieuse.
3. Après qu’il aura rendu un culte aux Meilleurs des hommes, s’étant perfectionné dans cette science excellente, il sera, au temps de sa dernière existence, le Chef du monde, le grand et incomparable Rĭchi.
4. La terre qu’il habitera sera excellente, variée, pure, très belle à voir, agréable, toujours florissante et ornée de cordes d’or.
5. Là, sur la terre de ce Religieux, des arbres de diamant très variés croîtront çà et là dans des enceintes tracées en forme de damier, et répandront une odeur agréable.
6. Elle sera ornée d’une grande abondance de fleurs, et des fleurs les plus variées ; on n’y rencontrera ni torrents, ni précipices ; elle sera unie, fortunée, belle.
7. Là existeront plusieurs milliers de kôṭis de Bôdhisattvas, doués des grandes facultés surnaturelles et parfaitement maîtres de leurs pensées ; ils comprendront les Sûtras aux grands développements exposés par les Protecteurs.
8. Non, quand même à l’aide d’une science divine, on compterait pendant des Kalpas, on ne pourrait avoir la mesure des Çrâvakas, rois de la loi, exempts d’imperfections, qui y paraîtront dans leur dernière existence.
9. Le Buddha Raçmiprabhâsa existera pendant douze moyens Kalpas, et sa bonne loi pendant vingt moyens Kalpas ; l’image de cette loi en durera autant dans l’univers de ce Buddha.
Ensuite le respectable Sthavira Mahâmâudgalyâyana, avec Subhûti et Mahâkâtyâyana, tremblants de tous leurs membres, regardèrent Bhagavat avec des yeux fixes. En ce moment, chacun d’eux prononça mentalement les stances suivantes :
10. Ô vénérable, ô grand héros, lion de race de Çâkya, ô toi, le Meilleur des hommes, prononce le nom de Buddha par compassion pour nous.
11. Ô toi, le Meilleur des hommes, toi qui connais certainement le moment favorable, répands pour nous aussi ton ambroisie, en nous prédisant que nous serons des Djinas.
12. Qu’un homme sorti par un temps de famine, et ayant trouvé de la nourriture, se dise, après avoir réfléchi à plusieurs reprises : J’ai de la nourriture dans les mains !
13. Pareille est notre satisfaction, en pensant au char misérable dans lequel nous sommes entrés ; nous avons obtenu la science de Buddha, semblables à des êtres qui ont trouvé de la nourriture par un temps mauvais.
14. Et cependant le grand Solitaire parfaitement Buddha, ne nous annonce pas nos destinées futures ; c’est comme s’il nous disait : Ne mangez pas la nourriture que vous avez dans la main.
15. Avec une satisfaction égale, ô héros, depuis que nous avons entendu cette voix excellente, nous savons que si nous apprenons nos destinées futures, nous aurons atteint le Nirvâṇa.
16. Prédis-les-nous donc, ô grand héros, toi qui désires le bien, toi qui es plein d’une grande miséricorde ! Puisse, ô grand Solitaire, arriver le terme de nos pensées misérables !
Alors Bhagavat connaissant avec sa pensée les réflexions qui s’élevaient dans l’esprit de ces Sthaviras, grands Çrâvakas, s’adressa de nouveau en ces termes à l’assemblée tout entière des Religieux. Ce Sthavira Subhûti, l’un de mes grands Çrâvakas, ô Religieux, honorera trente fois cent mille myriades de kôṭis de Buddhas, il les traitera avec respect, etc. [comme ci-dessus, ] Il observera sous eux les devoirs de la conduite religieuse, et se préparera à obtenir l’état de Bôdhi. Après avoir fait un noviciat de cette espèce, parvenu à sa dernière existence, il paraîtra dans le monde comme Tathâgata, sous le nom de Çaçikêtu, vénérable, etc., doué de science et de conduite, etc.
La terre de Buddha où il paraîtra se nommera Ratnasam̃bhava, et son Kalpa Ratnâvabhâsa. Cette terre de Buddha sera unie, agréable, reposant sur un fond de cristal, parsemée d’arbres de diamant, débarrassée de torrents, de précipices, d’ordures et de taches, jonchée de belles fleurs. Les hommes y jouiront du bonheur d’habiter des maisons ayant des étages élevés. Ce Tathâgata y aura beaucoup de Çrâvakas, un nombre de Çrâvakas dont le calcul ne peut atteindre le terme. Là paraîtront aussi plusieurs fois cent mille myriades de kôṭis de Bôdhisattvas. La durée de l’existence de ce Bienheureux sera de douze moyens Kalpas. Sa bonne loi subsistera pendant vingt moyens Kalpas, et l’image de sa bonne loi durera vingt autres moyens Kalpas. Ce Bienheureux se tenant suspendu au milieu des airs, enseignera la loi aux Religieux ; il disciplinera plusieurs centaines de mille de Bôdhisattvas, et plusieurs centaines de mille de Çrâvakas.
Alors Bhagavat connaissant avec sa pensée les réflexions qui s’élevaient dans l’esprit de ces Sthaviras, grands Çrâvakas, s’adressa de nouveau en ces termes à l’assemblée tout entière des Religieux. Ce Sthavira Subhûti, l’un de mes grands Çrâvakas, ô Religieux, honorera trente fois cent mille myriades de kôṭis de Buddhas, il les traitera avec respect, etc. [comme ci-dessus, ] Il observera sous eux les devoirs de la conduite religieuse, et se préparera à obtenir l’état de Bôdhi. Après avoir fait un noviciat de cette espèce, parvenu à sa dernière existence, il paraîtra dans le monde comme Tathâgata, sous le nom de Çaçikêtu, vénérable, etc., doué de science et de conduite, etc.
La terre de Buddha où il paraîtra se nommera Ratnasam̃bhava, et son Kalpa Ratnâvabhâsa. Cette terre de Buddha sera unie, agréable, reposant sur un fond de cristal, parsemée d’arbres de diamant, débarrassée de torrents, de précipices, d’ordures et de taches, jonchée de belles fleurs. Les hommes y jouiront du bonheur d’habiter des maisons ayant des étages élevés. Ce Tathâgata y aura beaucoup de Çrâvakas, un nombre de Çrâvakas dont le calcul ne peut atteindre le terme. Là paraîtront aussi plusieurs fois cent mille myriades de kôṭis de Bôdhisattvas. La durée de l’existence de ce Bienheureux sera de douze moyens Kalpas. Sa bonne loi subsistera pendant vingt moyens Kalpas, et l’image de sa bonne loi durera vingt autres moyens Kalpas. Ce Bienheureux se tenant suspendu au milieu des airs, enseignera la loi aux Religieux ; il disciplinera plusieurs centaines de mille de Bôdhisattvas, et plusieurs centaines de mille de Çrâvakas.
Ensuite Bhagavat prononça dans cette occasion les stances suivantes :
17. Je vais aujourd’hui vous témoigner mon affection, ô Religieux, je vais vous instruire, écoutez-moi : Ce Sthavira Subhûti, l’un de mes Çrâvakas, sera Buddha dans l’avenir.
18. Et après avoir vu trente myriades complètes de kôṭis de Buddhas, doués d’une grande puissance, ce Religieux observera, pour obtenir cette science, les règles de la conduite religieuse qui sont entre elles dans un parfait accord.
19. Ce héros, au temps de sa dernière existence, décoré des trente-deux signes [de beauté], et semblable à un poteau d’or, sera un grand Rĭchi, bon pour le monde et plein de compassion.
20. Ce sera une terre belle à voir, excellente et agréable pour un grand nombre d’êtres, que celle qu’habitera l’ami du monde, occupé à sauver des myriades de kôṭis de créatures.
21. Là existeront beaucoup de Bôdhisattvas, revêtus d’une grande puissance, habiles à faire tourner la roue qui ne revient pas en arrière, et qui, doués de sens pénétrants, embelliront cette terre de Buddha, sous l’enseignement de ce Djina.
22. Ce Djina aura beaucoup de Çrâvakas, des Çrâvakas dont il n’existe ni calcul, ni mesure, qui seront doués des six connaissances surnaturelles, de la triple science et des grandes facultés, et qui seront établis dans les six affranchissements.
23. La force de sa puissance surnaturelle sera inconcevable, lorsqu’il enseignera
l’état suprême de Bôdhi ; des Dêvas et des hommes, en nombre égal aux sables du Gange, tiendront toujours devant lui les mains réunies en signe de respect.
17. Je vais aujourd’hui vous témoigner mon affection, ô Religieux, je vais vous instruire, écoutez-moi : Ce Sthavira Subhûti, l’un de mes Çrâvakas, sera Buddha dans l’avenir.
18. Et après avoir vu trente myriades complètes de kôṭis de Buddhas, doués d’une grande puissance, ce Religieux observera, pour obtenir cette science, les règles de la conduite religieuse qui sont entre elles dans un parfait accord.
19. Ce héros, au temps de sa dernière existence, décoré des trente-deux signes [de beauté], et semblable à un poteau d’or, sera un grand Rĭchi, bon pour le monde et plein de compassion.
20. Ce sera une terre belle à voir, excellente et agréable pour un grand nombre d’êtres, que celle qu’habitera l’ami du monde, occupé à sauver des myriades de kôṭis de créatures.
21. Là existeront beaucoup de Bôdhisattvas, revêtus d’une grande puissance, habiles à faire tourner la roue qui ne revient pas en arrière, et qui, doués de sens pénétrants, embelliront cette terre de Buddha, sous l’enseignement de ce Djina.
22. Ce Djina aura beaucoup de Çrâvakas, des Çrâvakas dont il n’existe ni calcul, ni mesure, qui seront doués des six connaissances surnaturelles, de la triple science et des grandes facultés, et qui seront établis dans les six affranchissements.
23. La force de sa puissance surnaturelle sera inconcevable, lorsqu’il enseignera
l’état suprême de Bôdhi ; des Dêvas et des hommes, en nombre égal aux sables du Gange, tiendront toujours devant lui les mains réunies en signe de respect.
24. Il existera pendant douze moyens Kalpas, et sa bonne loi pendant vingt autres moyens Kalpas ; l’image de la loi du Meilleur des hommes durera encore vingt autres moyens Kalpas.
Ensuite Bhagavat s’adressa ainsi de nouveau à l’assemblée tout entière des Religieux : Je vais vous témoigner mon affection(82 b 2), ô Religieux, je vais vous instruire. Oui, ce Sthavira Kâtyâyana, l’un de mes Çrâvakas, honorera huit mille myriades de kôṭis de Buddhas, il les traitera avec respect, etc. Il élèvera à ces bienheureux Buddhas,parvenus au Nirvâṇa complet, des Stupas hauts de cent Yôdjanas, ayant une circonférence de cinquante Yôdjanas, et faits des sept substances précieuses(83 a 2), savoir : d’or, d’argent, de lapis-lazuli, de cristal, de perle rouge, d’émeraude et de diamant, ce qui forme la septième chose précieuse. Il rendra un culte à ces Stupas, avec des fleurs, de l’encens, des odeurs, des guirlandes de fleurs, des substances onctueuses, des poudres parfumées, des vêtements, des parasols, des étendards, des drapeaux, des enseignes. Ensuite, bien longtemps après, il accomplira de nouveau ces mêmes devoirs en présence de vingt fois dix millions de Buddhas ; il les traitera avec respect, etc. Dans sa dernière existence et sous sa dernière forme corporelle, il naîtra au monde comme Tathâgata, sous le nom de Djambûnadaprabha, vénérable, etc., doué de science et de conduite, etc. La terre de Buddha où il paraîtra sera très pure, unie, agréable, bonne, belle à voir, reposant sur un fond de cristal, parsemée d’arbres de diamant, recouverte de cordes d’or, tapissée de lits de fleurs,débarrassée de troupes d’Asuras, de gens de Yama et d’êtres nés dans des matrices d’animaux, remplie de beaucoup de Dêvas et d’hommes, embellie par plusieurs centaines de mille de Çrâvakas, ornée de plusieurs centaines de mille de Bôdhisattvas. La durée de son existence sera de douze moyens Kalpas, sa bonne loi subsistera pendant vingt moyens Kalpas.
Ensuite Bhagavat s’adressa ainsi de nouveau à l’assemblée tout entière des Religieux : Je vais vous témoigner mon affection(82 b 2), ô Religieux, je vais vous instruire. Oui, ce Sthavira Kâtyâyana, l’un de mes Çrâvakas, honorera huit mille myriades de kôṭis de Buddhas, il les traitera avec respect, etc. Il élèvera à ces bienheureux Buddhas,parvenus au Nirvâṇa complet, des Stupas hauts de cent Yôdjanas, ayant une circonférence de cinquante Yôdjanas, et faits des sept substances précieuses(83 a 2), savoir : d’or, d’argent, de lapis-lazuli, de cristal, de perle rouge, d’émeraude et de diamant, ce qui forme la septième chose précieuse. Il rendra un culte à ces Stupas, avec des fleurs, de l’encens, des odeurs, des guirlandes de fleurs, des substances onctueuses, des poudres parfumées, des vêtements, des parasols, des étendards, des drapeaux, des enseignes. Ensuite, bien longtemps après, il accomplira de nouveau ces mêmes devoirs en présence de vingt fois dix millions de Buddhas ; il les traitera avec respect, etc. Dans sa dernière existence et sous sa dernière forme corporelle, il naîtra au monde comme Tathâgata, sous le nom de Djambûnadaprabha, vénérable, etc., doué de science et de conduite, etc. La terre de Buddha où il paraîtra sera très pure, unie, agréable, bonne, belle à voir, reposant sur un fond de cristal, parsemée d’arbres de diamant, recouverte de cordes d’or, tapissée de lits de fleurs,débarrassée de troupes d’Asuras, de gens de Yama et d’êtres nés dans des matrices d’animaux, remplie de beaucoup de Dêvas et d’hommes, embellie par plusieurs centaines de mille de Çrâvakas, ornée de plusieurs centaines de mille de Bôdhisattvas. La durée de son existence sera de douze moyens Kalpas, sa bonne loi subsistera pendant vingt moyens Kalpas.
Ensuite Bhagavat prononça dans cette occasion les stances suivantes :
25. Écoutez-moi tous aujourd’hui, car je prononce une parole véritable ; le Sthavira Kâtyâyana, l’un de mes Çrâvakas, rendra un culte aux Guides [du monde].
26. Il offrira aux Guides du monde des hommages variés et nombreux, et quand ces Buddhas seront entrés dans le Nirvâṇa complet, il leur fera élever des Stupas, et il leur rendra un culte avec des fleurs et des parfums.
27. Parvenu à sa dernière existence, il deviendra Djina dans une terre parfaitement pure ; après avoir acquis cette science d’une manière complète, il l’enseignera à des milliers de kôṭis de créatures.
28. Comblé d’honneurs par le monde réuni aux Dêvas, il sera un Bienheureux répandant la lumière, sous le nom de Djambûnadaprabha, et il sauvera des kôṭis de Dêvas et d’hommes.
29. Des Bôdhisattvas et des Çrâvakas nombreux, qui existeront sur cette terre sans qu’on puisse les calculer ni les compter, orneront l’enseignement de ce Buddha, tous affranchis de l’existence et exempts de terreur.
25. Écoutez-moi tous aujourd’hui, car je prononce une parole véritable ; le Sthavira Kâtyâyana, l’un de mes Çrâvakas, rendra un culte aux Guides [du monde].
26. Il offrira aux Guides du monde des hommages variés et nombreux, et quand ces Buddhas seront entrés dans le Nirvâṇa complet, il leur fera élever des Stupas, et il leur rendra un culte avec des fleurs et des parfums.
27. Parvenu à sa dernière existence, il deviendra Djina dans une terre parfaitement pure ; après avoir acquis cette science d’une manière complète, il l’enseignera à des milliers de kôṭis de créatures.
28. Comblé d’honneurs par le monde réuni aux Dêvas, il sera un Bienheureux répandant la lumière, sous le nom de Djambûnadaprabha, et il sauvera des kôṭis de Dêvas et d’hommes.
29. Des Bôdhisattvas et des Çrâvakas nombreux, qui existeront sur cette terre sans qu’on puisse les calculer ni les compter, orneront l’enseignement de ce Buddha, tous affranchis de l’existence et exempts de terreur.
Ensuite Bhagavat s’adressa ainsi de nouveau à l’assemblée tout entière des Religieux : Je vais vous témoigner mon affection, ô Religieux, je vais vous instruire. Oui, le Sthavira Mahâmâudgalyâyana, l’un de mes Çrâvakas, après avoir réjoui vingt-huit mille Buddhas, honorera ces bienheureux Buddhas de diverses manières, et les traitera avec respect, etc. Il fera élever à ces bienheureux Buddhas, entrés dans le Nirvâṇa complet, des Stupas, faits des sept substances précieuses, savoir : d’or, d’argent, de lapis-lazuli, de cristal, de perle rouge, d’émeraude, et de diamant, hauts de mille Yôdjanas, ayant une circonférence de cinq cents Yôdjanas. Il offrira à ces Stûpas des hommages de diverses espèces, avec des fleurs, etc. [comme ci-dessus pour Kâtyâyana.] Ensuite, longtemps après, il rendra de nouveau ces mêmes devoirs à vingt fois cent mille myriades de kôṭis de Buddhas ; il les traitera avec respect, etc. Parvenu à sa dernière existence, il paraîtra au monde comme Tathâgata, sous le nom de Tamâlapatratchandanagandha, Vénérable, etc., doué de science et de conduite, etc. La terre de Buddha où il paraîtra sera nommée Manôbhirâma, son Kalpa se nommera Ratiprapûrṇa. Cette terre de Buddha sera très-pure, unie, etc. [comme ci-dessus pour Kâtyâyana.] parsemée d’arbres de diamant, jonchée de fleurs qui y seront répandues, fréquentée par plusieurs milliers d’hommes, de Dêvas, de Rĭchis, qui seront des Çrâvakas et des Bôdhisattvas. La durée de l’existence de ce Buddha sera de vingt-quatre moyens Kalpas. Sa bonne loi subsistera quarante moyens Kalpas, et l’image de sa bonne loi durera quarante autres moyens Kalpas.
Ensuite Bhagavat prononça dans cette occasion les stances suivantes :
30. Ce Religieux de la famille Mâudgalya, l’un de mes Çrâvakas, après avoir revêtu un corps humain, verra vingt-huit mille Djinas protecteurs, exempts de toute souillure.
31. Il remplira sous eux les devoirs de la conduite religieuse, recherchant la science de Buddha ; il rendra alors des honneurs variés à ces Guides [du monde] aux Meilleurs des hommes.
32. Après avoir gardé leur loi excellente, vaste et pure, pendant mille fois dix mille Kalpas, quand ces Sugatas seront entrés dans le Nirvâṇa complet, il rendra un culte à leurs Stupas.
33. Il fera élever, en l’honneur de ces excellents Djinas, des Stûpas formés de substances précieuses et accompagnés d’étendards, honorant ces Protecteurs qui avaient été bons pour le monde, avec des fleurs et des parfums, et faisant entendre le bruit des instruments.
34. Au temps de sa dernière existence, dans une agréable et délicieuse terre, il sera un Buddha bon pour le monde et plein de compassion, sous le titre de Tamâlapatratchandanagandha.
35. La durée de l’existence de ce Sugata sera de vingt-quatre moyens Kalpas complets, pendant lesquels il exposera sans relâche, aux hommes et aux Dêvas, les bonnes règles des Buddhas.
36. Là, de nombreux milliers de kôṭis de Çrâvakas du Djina, en nombre égal à celui des sables du Gange, tous doués des six connaissances surnaturelles, de la triple science, et d’une grande puissance magique, existeront sous l’enseignement de ce Sugata.
30. Ce Religieux de la famille Mâudgalya, l’un de mes Çrâvakas, après avoir revêtu un corps humain, verra vingt-huit mille Djinas protecteurs, exempts de toute souillure.
31. Il remplira sous eux les devoirs de la conduite religieuse, recherchant la science de Buddha ; il rendra alors des honneurs variés à ces Guides [du monde] aux Meilleurs des hommes.
32. Après avoir gardé leur loi excellente, vaste et pure, pendant mille fois dix mille Kalpas, quand ces Sugatas seront entrés dans le Nirvâṇa complet, il rendra un culte à leurs Stupas.
33. Il fera élever, en l’honneur de ces excellents Djinas, des Stûpas formés de substances précieuses et accompagnés d’étendards, honorant ces Protecteurs qui avaient été bons pour le monde, avec des fleurs et des parfums, et faisant entendre le bruit des instruments.
34. Au temps de sa dernière existence, dans une agréable et délicieuse terre, il sera un Buddha bon pour le monde et plein de compassion, sous le titre de Tamâlapatratchandanagandha.
35. La durée de l’existence de ce Sugata sera de vingt-quatre moyens Kalpas complets, pendant lesquels il exposera sans relâche, aux hommes et aux Dêvas, les bonnes règles des Buddhas.
36. Là, de nombreux milliers de kôṭis de Çrâvakas du Djina, en nombre égal à celui des sables du Gange, tous doués des six connaissances surnaturelles, de la triple science, et d’une grande puissance magique, existeront sous l’enseignement de ce Sugata.
37. Beaucoup de Bôdhisattvas, incapables de retourner en arrière, déployant leur énergie, toujours doués de sagesse et d’une application intense, existeront sous l’enseignement du Sugata ; il en paraîtra de nombreux milliers dans cette terre de Buddha.
38. Quand ce Djina sera entré dans le Nirvâṇa complet, sa bonne loi durera en ce temps-là vingt et encore vingt moyens Kalpas complets ; l’image de sa loi aura la même durée.
39. Ces cinq personnages, mes Çrâvakas, doués des grandes facultés surnaturelles, qui ont été destinés en ma présence à l’état suprême de Bôdhi, seront, dans un temps à venir, des Djinas existants par eux-mêmes ; apprenez de ma bouche [quelle a été jadis] leur conduite.
Je vais vous témoigner mon affection.] Lisez, « Je vais vous parler, ô Religieux, » et voyez une note sur cette expression, ci-dessus, chap. iii, f. 38 a, p. 362.
L’univers nommé Âvabhâsa.] Il faut lire, Avabhâsa prâpta.
38. Quand ce Djina sera entré dans le Nirvâṇa complet, sa bonne loi durera en ce temps-là vingt et encore vingt moyens Kalpas complets ; l’image de sa loi aura la même durée.
39. Ces cinq personnages, mes Çrâvakas, doués des grandes facultés surnaturelles, qui ont été destinés en ma présence à l’état suprême de Bôdhi, seront, dans un temps à venir, des Djinas existants par eux-mêmes ; apprenez de ma bouche [quelle a été jadis] leur conduite.
Je vais vous témoigner mon affection.] Lisez, « Je vais vous parler, ô Religieux, » et voyez une note sur cette expression, ci-dessus, chap. iii, f. 38 a, p. 362.
L’univers nommé Âvabhâsa.] Il faut lire, Avabhâsa prâpta.
D’aspérités.] Le texte se sert ici d’un mot que je ne trouve pas dans nos dictionnaires, c’est celui de kaṭhalyam, suivant le manuscrit de la Société asiatique, et de kaṭhallam, suivant les deux manuscrits de M. Hodgson. Je l’ai traduit comme si c’était un dérivé de kaṭhara, « rude, dur. » Ce terme se trouve également dans le Lalita vistara, au commencement du chap. V, où mon manuscrit l’écrit kaṭhalya ; M. Foucaux traduit ce mot par sable, d’après le tibétain. Je préfère maintenant cette interprétation à celle que j’avais admise, quoique je ne puisse pas déterminer encore avec précision la nuance qui distingue ce mot de celui de vâlukâ (ou bâlukâ), qui dans les livres sanscrits, comme dans les livres pâlis des Buddhistes, désigne le plus souvent le sable. Quoi qu’il en puisse être, la leçon des deux manuscrits de M. Hodgson est une véritable forme pâlie. Ce n’est cependant pas tout à fait avec cette orthographe que ce terme se rencontre dans les livres du Sud : je le trouve en effet vers la fin du Sâmañña phala sutta dont j’ai donné une traduction au no II de l’Appendice : mon manuscrit porte sakkhara kaṭhalam, « le gravier et le « sable. » On en verra encore un autre exemple dans des vers pâlis cités sous le no VIII de l’Appendice, à l’occasion du trente-deuxième et dernier des signes caractéristiques d’un grand homme. C’est ce terme même que M. R. Rost a proposé, à tort selon moi, de changer comme fautif dans une citation qu’il a faite du Manusâra que possède le British Museum : le manuscrit porte vâlukam̃ kaṭhalag̃kâram̃, que M. Rost propose de lire vâlukatthalam âg̃gâram, « un tas de sable, des charbons ; » la correction d’ag̃kâram en ag̃gâram est nécessaire et justifiée par la confusion possible des lettres ka et ga dans l’écriture barmane ; mais il n’est pas besoin de changer vâlukam̃ kaṭhâla, si l’on admet, comme cela semble nécessaire l’authenticité du mot kaṭhala.
D’ordures et de taches.] J’ai traduit ainsi le mot difficile apagata gûthôdillam̃, dont la première partie gûtha est seule connue, du moins d’après le Dictionnaire de Wilson. Quant à la seconde partie, comme elle a une apparence prâkrite, puisque le double l, lla, résulte ainsi que nous venons d’en voir une preuve, de lya, j’allais jusqu’à supposer que lya pouvait être le substitut de rya. Le commencement du mot uḍ me paraissait la transformation populaire de ud, de façon que je ramenais uḍilla à udirya et udîrya, qui pourrait avoir une signification analogue à celle de utsarga, « déjection. » Tout cela était sans doute fort hypothétique, mais je n’avais rien de mieux à proposer. Depuis j’ai pu consulter les deux manuscrits de M. Hodgson qui lisent également अपगतस्यन्दनिकागूथोडिगल्लम्, ce qui ajoute à la précision de l’idée qu’on a voulu exprimer par ce composé, car syandanikâ peut répondre au sanscrit syandinî et signifier « salive. » Quant au dernier mot udigalla, il ne m’est pas plus connu que uḍilla : j’incline à penser qu’il répond au sanscrit udgâra, « vomissement, » transformé d’après les lois des dialectes populaires. Les signes de cette transformation, sont l’insertion d’un i entre les deux consonnes dg, la substitution de ड ḍ à द d, et l’abrègement de l’â long devant le groupe lla qui n’est sans doute ici que le remplaçant de lya.
Là ne paraîtra pas Mâra le pêcheur.] Je crains de n’avoir pas traduit assez exactement le texte qui est ainsi conçu : natcha tatra mâraḥ pâpîyân avatâram̃ lapsyatê. La difficulté roule sur le mot avatâra et la locution avatâram lapsyatê. Ce mot se présente dans un grand nombre de passages avec le sens de « occasion de surprendre » dans une mauvaise intention ; et c’est ainsi que j’ai cru pouvoir le traduire plus bas, chap. xxi, Mais je crois que les Buddhistes, forçant un peu cette signification, ont vu dans avatâra une signification que ce mot n’a pas, au moins à ma connaissance, chez les Brahmanes, et qu’on pourrait tout au plus attribuer au mot avatârana, « possession par un mauvais génie, » lequel est dérivé de la forme causale de trĭ ; ce sens est celui de perte, destruction, que je trouve plus d’une fois dans le livre célèbre intitulé Achṭasahasrikâ pradjñâ pâramitâ. Ce livre, dans un passage où Çâkyamuni est représenté soutenant les attaques de Mâra, nous fournit le texte suivant : « Mâra le pêcheur ayant réuni l’armée de ses troupes formée de quatre corps, se rendit au lieu où se trouvait Bhagavat. Alors cette réflexion vint à l’esprit de Çakra, « l’Indra des Dêvas. Voilà Mâra le pêcheur qui ayant réuni l’armée de ses troupes formée « de quatre corps, s’est rendu au lieu où se trouve Bhagavat. La masse de l’armée de ces « troupes formée de quatre corps, que Mâra le pêcheur a ainsi réunie, rassemblée, est « bien supérieure à la masse de l’armée formée de quatre corps du roi Bimbisâra, à celle du roi Prasênadjit, à celle des Çâkchâtkrĭts, comme à celle des Litchtchhavis. Depuis « longtemps Mâra le pêcheur attend la perte de Bhagavat, recherche la perte de Bhagavat, « dîrgharâtram̃ mâraḥ pâpîyân Bhagavatô ’vatâraprêkchî avatâragavêchî. » Dans une autre partie de ce traité, Çâkyamuni signalant les avantages qui résultent de la connaissance de la Pradjñâ pâramitâ, s’exprime ainsi : « Les fils ou les filles de famille, dont des hommes ou des êtres n’appartenant pas à l’espèce humaine, attendent la perte, désirent la perte, ces êtres, ô Kâuçika, n’obtiendront pas leur perte ; tê ’pi téchâm̃ kâuçika avatâran na lapsyantê. » Ici nous trouvons l’expression même du Lotus qui donne lieu à cette note, c’est-à-dire avatâra, employé avec le radical lalh, et nous la rencontrons encore au fol. 29 b et 34 a de la Pradjñâ pâramitâ, dans un passage qui a le même sens que ceux que je viens de transcrire. Il semble résulter de ces divers rapprochements qu’on devrait, pour être parfaitement littéral, traduire ainsi la phrase du Lotus : « Là Mâra ne surprendra pas, ou ne perdra pas, » en ajoutant « les êtres. »
St. 17. Je vais aujourd’hui vous témoigner mon affection.] Lisez, « Je vais aujourd’hui vous parler. »
St. 22. Les six affranchissements. Lisez, « les huit affranchissements. » Je ne sais par quelle erreur j’ai pu substituer le mot six à celui de huit : tous nos manuscrits lisent achṭâu ; et plus bas, f. 100 a et 111 b, les moyens d’affranchissement sont dits être au nombre de huit. Ces affranchissements ont été énumérés dans une note spéciale de l’Appendice, sous le no XV.
Je vais vous témoigner mon affection.] Lisez, « Je vais vous parler, » et faites la même correction f. 84 a et b, p. 94.
Hauts de cent Yôdjanas, ayant une circonférence de cinquante Yôdjanas.] C’est là la version du manuscrit de la Société asiatique ; mais les deux manuscrits de M. Hodgson, avec une amplification beaucoup plus buddhique, disent, « hauts de mille Yôdjanas, avec une circonférence de cinq cents Yôdjanas. » Ce doit être la leçon véritable, car c’est exactement celle que suit le manuscrit même de la Société asiatique, pour la prédiction relative à Mahâmâudgalyâyana, prédiction qui est littéralement conçue dans les mêmes termes que celle de Kâtyâyana ; voyez ci-dessous, f. 84 a et b, p. 94.
Des sept substances précieuses.] Voyez ci-dessus, chap. 1, f. 9 a, p. 3.
Sa bonne loi subsistera pendant vingt moyens Kalpas.] Il faut ajouter après ces mots, la formule finale : « et l’image de sa bonne loi durera vingt autres moyens Kalpas. » Le manuscrit de la Société asiatique a oublié cette phrase : je la rétablis d’après les manuscrits de M. Hodgson.
St. 22. Les six affranchissements. Lisez, « les huit affranchissements. » Je ne sais par quelle erreur j’ai pu substituer le mot six à celui de huit : tous nos manuscrits lisent achṭâu ; et plus bas, f. 100 a et 111 b, les moyens d’affranchissement sont dits être au nombre de huit. Ces affranchissements ont été énumérés dans une note spéciale de l’Appendice, sous le no XV.
Je vais vous témoigner mon affection.] Lisez, « Je vais vous parler, » et faites la même correction f. 84 a et b, p. 94.
Hauts de cent Yôdjanas, ayant une circonférence de cinquante Yôdjanas.] C’est là la version du manuscrit de la Société asiatique ; mais les deux manuscrits de M. Hodgson, avec une amplification beaucoup plus buddhique, disent, « hauts de mille Yôdjanas, avec une circonférence de cinq cents Yôdjanas. » Ce doit être la leçon véritable, car c’est exactement celle que suit le manuscrit même de la Société asiatique, pour la prédiction relative à Mahâmâudgalyâyana, prédiction qui est littéralement conçue dans les mêmes termes que celle de Kâtyâyana ; voyez ci-dessous, f. 84 a et b, p. 94.
Des sept substances précieuses.] Voyez ci-dessus, chap. 1, f. 9 a, p. 3.
Sa bonne loi subsistera pendant vingt moyens Kalpas.] Il faut ajouter après ces mots, la formule finale : « et l’image de sa bonne loi durera vingt autres moyens Kalpas. » Le manuscrit de la Société asiatique a oublié cette phrase : je la rétablis d’après les manuscrits de M. Hodgson.
St. 30. Après avoir revêtu un corps humain.] Pour traduire ainsi, je lisais ûhitva, sur le seul manuscrit de la Société asiatique ; encore étais-je obligé de forcer le sens. Depuis j’ai reconnu que tous les manuscrits lisent djahitva, forme altérée du participe en tvâ du radical hâ. Il faut donc traduire, « après avoir abandonné son corps d’homme, » et entendre ceci comme un synonyme de l’expression « après sa mort. »