Il y avait un brahmane, homme religieux et tendre d’affection, mais dépourvu de grande sagesse. Il avait un fils plein de promesses qui, âgé de sept ans, fut frappé d’une maladie mortelle et mourut. Le père infortuné ne put se maîtriser ; il se jeta sur le cadavre et resta étendu là, comme mort.
Ses proches vinrent ensevelir l’enfant mort et, lorsque le père revint à lui, son chagrin était si démesuré qu’il se comportait comme un insensé. Il ne pleurait plus, mais errait en demandant où se trouvait la demeure de Yamarāja, le roi de la mort, afin de le supplier humblement de permettre à son enfant de revenir à la vie.
Arrivé à un grand temple brahmanique, le père affligé accomplit certains rites religieux et s’endormit. Alors qu’il poursuivait son errance en rêve, il parvint à un profond défilé de montagne où il rencontra plusieurs samanas qui avaient acquis la sagesse suprême. « Bons seigneurs, dit-il, pouvez-vous me dire où se trouve la demeure de Yamarāja ? » Et ils lui demandèrent : « Bon ami, pourquoi voudrais-tu le savoir ? » Sur quoi il leur raconta sa triste histoire et leur expliqua ses intentions. Pris de pitié devant son égarement, les samanas dirent : « Nul mortel ne peut atteindre le lieu où règne Yama, mais à quelque quatre cents milles vers l’ouest se trouve une grande cité où vivent de nombreux bons esprits ; tous les huit jours du mois, Yama s’y rend, et là tu pourras voir celui qui est le roi de la mort et lui demander une faveur. »
Ses proches vinrent ensevelir l’enfant mort et, lorsque le père revint à lui, son chagrin était si démesuré qu’il se comportait comme un insensé. Il ne pleurait plus, mais errait en demandant où se trouvait la demeure de Yamarāja, le roi de la mort, afin de le supplier humblement de permettre à son enfant de revenir à la vie.
Arrivé à un grand temple brahmanique, le père affligé accomplit certains rites religieux et s’endormit. Alors qu’il poursuivait son errance en rêve, il parvint à un profond défilé de montagne où il rencontra plusieurs samanas qui avaient acquis la sagesse suprême. « Bons seigneurs, dit-il, pouvez-vous me dire où se trouve la demeure de Yamarāja ? » Et ils lui demandèrent : « Bon ami, pourquoi voudrais-tu le savoir ? » Sur quoi il leur raconta sa triste histoire et leur expliqua ses intentions. Pris de pitié devant son égarement, les samanas dirent : « Nul mortel ne peut atteindre le lieu où règne Yama, mais à quelque quatre cents milles vers l’ouest se trouve une grande cité où vivent de nombreux bons esprits ; tous les huit jours du mois, Yama s’y rend, et là tu pourras voir celui qui est le roi de la mort et lui demander une faveur. »
Le brahmane, se réjouissant à cette nouvelle, se rendit à la ville et la trouva telle que les samanas la lui avaient décrite. On l’introduisit en la redoutable présence de Yama, le roi de la Mort, qui, après avoir entendu sa requête, lui dit : « Ton fils vit maintenant dans le jardin de l’est, où il s’amuse ; va le trouver et demande-lui de te suivre. »
Le père heureux dit : « Comment se fait-il que mon fils, sans avoir accompli une seule bonne action, vive maintenant au paradis ? » Yamarāja répondit : « Il a obtenu le bonheur céleste non pour avoir accompli de bonnes actions, mais parce qu’il est mort dans la foi et dans l’amour du Seigneur et Maître, le glorieux Buddha. Le Buddha dit : “Le cœur de l’amour et de la foi étend, pour ainsi dire, une ombre bienfaisante du monde des hommes au monde des dieux.” Cette parole glorieuse est comme le sceau d’un roi apposé sur un édit royal. »
Le père heureux se hâta de se rendre sur les lieux et vit son enfant bien-aimé jouer avec d’autres enfants, tous transfigurés par la paix de la bienheureuse existence d’une vie céleste. Il courut vers son garçon et s’écria, les larmes coulant sur ses joues : « Mon fils, mon fils, ne te souviens-tu pas de moi, ton père, qui veillais sur toi avec une tendre sollicitude et prenais soin de toi dans ta maladie ? Rentre avec moi dans le pays des vivants. » Mais le garçon, tout en s’efforçant de retourner auprès de ses camarades de jeu, lui reprocha d’employer des expressions aussi étranges que père et fils. « Dans mon état présent, dit-il, je ne connais pas de tels mots, car je suis libre de toute illusion. »
Le père heureux dit : « Comment se fait-il que mon fils, sans avoir accompli une seule bonne action, vive maintenant au paradis ? » Yamarāja répondit : « Il a obtenu le bonheur céleste non pour avoir accompli de bonnes actions, mais parce qu’il est mort dans la foi et dans l’amour du Seigneur et Maître, le glorieux Buddha. Le Buddha dit : “Le cœur de l’amour et de la foi étend, pour ainsi dire, une ombre bienfaisante du monde des hommes au monde des dieux.” Cette parole glorieuse est comme le sceau d’un roi apposé sur un édit royal. »
Le père heureux se hâta de se rendre sur les lieux et vit son enfant bien-aimé jouer avec d’autres enfants, tous transfigurés par la paix de la bienheureuse existence d’une vie céleste. Il courut vers son garçon et s’écria, les larmes coulant sur ses joues : « Mon fils, mon fils, ne te souviens-tu pas de moi, ton père, qui veillais sur toi avec une tendre sollicitude et prenais soin de toi dans ta maladie ? Rentre avec moi dans le pays des vivants. » Mais le garçon, tout en s’efforçant de retourner auprès de ses camarades de jeu, lui reprocha d’employer des expressions aussi étranges que père et fils. « Dans mon état présent, dit-il, je ne connais pas de tels mots, car je suis libre de toute illusion. »
Sur ce, le brahmane s’en alla et, à son réveil, se remémora le Bienheureux Maître de l’humanité, le grand Bouddha. Il résolut d’aller auprès de lui, de lui confier son chagrin et de chercher auprès de lui du réconfort.
Arrivé au Jetavana, le brahmane raconta son histoire et expliqua comment son fils avait refusé de le reconnaître et de rentrer chez lui avec lui.
Et le Bienheureux dit : « En vérité, tu es dans l’illusion. Quand un homme meurt, son corps se dissout en ses éléments, mais son esprit n’est pas enseveli. Il mène une vie d’un ordre supérieur, où toutes les relations de père, de fils, d’épouse et de mère prennent fin, comme un voyageur qui quitte son logement n’a plus affaire à celui-ci, comme s’il appartenait au passé. Les hommes se préoccupent surtout de ce qui passe ; mais la fin de la vie survient bientôt, tel un torrent ardent qui emporte en un instant tout ce qui est éphémère. Ils sont comme un aveugle chargé de veiller sur une lampe allumée. Le sage, comprenant le caractère éphémère des relations mondaines, détruit la cause du chagrin et échappe au tourbillon bouillonnant de la douleur. La sagesse religieuse élève l’homme au-dessus des plaisirs et des peines du monde et lui donne une paix éternelle. »
Le brahmane demanda au Bienheureux la permission d’entrer dans la communauté de ses bhikkhus, afin d’acquérir cette sagesse céleste qui seule peut réconforter un cœur affligé.
Arrivé au Jetavana, le brahmane raconta son histoire et expliqua comment son fils avait refusé de le reconnaître et de rentrer chez lui avec lui.
Et le Bienheureux dit : « En vérité, tu es dans l’illusion. Quand un homme meurt, son corps se dissout en ses éléments, mais son esprit n’est pas enseveli. Il mène une vie d’un ordre supérieur, où toutes les relations de père, de fils, d’épouse et de mère prennent fin, comme un voyageur qui quitte son logement n’a plus affaire à celui-ci, comme s’il appartenait au passé. Les hommes se préoccupent surtout de ce qui passe ; mais la fin de la vie survient bientôt, tel un torrent ardent qui emporte en un instant tout ce qui est éphémère. Ils sont comme un aveugle chargé de veiller sur une lampe allumée. Le sage, comprenant le caractère éphémère des relations mondaines, détruit la cause du chagrin et échappe au tourbillon bouillonnant de la douleur. La sagesse religieuse élève l’homme au-dessus des plaisirs et des peines du monde et lui donne une paix éternelle. »
Le brahmane demanda au Bienheureux la permission d’entrer dans la communauté de ses bhikkhus, afin d’acquérir cette sagesse céleste qui seule peut réconforter un cœur affligé.