1) Après la patience, la force ; car l’illumination des Bouddhas appartient aux forts. Sans la force, on n’acquiert ni mérite ni savoir ; de même qu’il faut le « vent » pour qu’il y ait mouvement.
2) Qu’est-ce que la force ? L’énergie dans le bien, l’énergie contre le mal. Quels sont ses ennemis ? La langueur, l’attachement aux mauvais plaisirs, le découragement et le mépris de soi-même qui en est la conséquence.
3) D’où procède la langueur ? D’une détestable sécurité au milieu des douleurs de l’existence ; d’où la négligence des bonnes œuvres, la délectation dans le plaisir, la torpeur et le désir de l’oreiller.
4) Je suis au pouvoir des passions, comme le poisson aux mains des pêcheurs, car je suis dans le filet des renaissances ; et, en ce moment même, comprends-je vraiment que la mort va m’engloutir ?
5) Tu ne vois donc pas, abattus l’un après l’autre, ceux qui faisaient partie de ton troupeau, les compagnons de ton enfance ? Et cependant tu t’abandonnes au sommeil comme un taureau destiné à l’abattoir !
6) Yama, le roi de la mort, t’observe et te ferme tout passage : condamné à mort, les bourreaux t’entourent. Comment trouves-tu plaisir à manger, à dormir, à aimer ?
7) Mais il sera temps, penses-tu, quand la mort aura fait ses préparatifs et ne pourra plus tarder : il sera trop tard pour secouer ta paresse, pour agir.
2) Qu’est-ce que la force ? L’énergie dans le bien, l’énergie contre le mal. Quels sont ses ennemis ? La langueur, l’attachement aux mauvais plaisirs, le découragement et le mépris de soi-même qui en est la conséquence.
3) D’où procède la langueur ? D’une détestable sécurité au milieu des douleurs de l’existence ; d’où la négligence des bonnes œuvres, la délectation dans le plaisir, la torpeur et le désir de l’oreiller.
4) Je suis au pouvoir des passions, comme le poisson aux mains des pêcheurs, car je suis dans le filet des renaissances ; et, en ce moment même, comprends-je vraiment que la mort va m’engloutir ?
5) Tu ne vois donc pas, abattus l’un après l’autre, ceux qui faisaient partie de ton troupeau, les compagnons de ton enfance ? Et cependant tu t’abandonnes au sommeil comme un taureau destiné à l’abattoir !
6) Yama, le roi de la mort, t’observe et te ferme tout passage : condamné à mort, les bourreaux t’entourent. Comment trouves-tu plaisir à manger, à dormir, à aimer ?
7) Mais il sera temps, penses-tu, quand la mort aura fait ses préparatifs et ne pourra plus tarder : il sera trop tard pour secouer ta paresse, pour agir.
8) « Ceci n'est pas fait, [car je pensais le faire demain] ; ceci est commencé [que j'aurais dû faire dès longtemps] ; ceci reste à moitié fait : et voici la mort inopinée ! Ah ! je suis perdu ! » Et tandis que tu penses [à tes devoirs négligés],
9) autour de toi seront les parents, les yeux rouges, la figure gonflée et couverte de larmes dans l'excès de leur tristesse ; devant toi, la face terrible des messagers de Yama.
10) Brisé par le souvenir de tes péchés, l'oreille frémissante du cri des damnés, souillé de tes propres ordures, tu ne commanderas ni à ton corps, ni à ta voix, ni à la pensée. Que pourras-tu faire ?
11) Nous sommes semblables aux poissons que [les Orientaux] gardent vivants [pour s'en nourrir]. Craignons la mort, tandis qu'il n'est pas trop tard ; — [la mort,] que dis-je ? Bien plutôt, pécheurs que nous sommes, les terribles tourments de l'enfer.
12) Comment, pauvre enfant douillet, tu cries quand tu te brûles avec de l'eau chaude ; et ton péché d'enfer te laisse en pleine sécurité !
13) Tu ne t'efforces pas et tu comptes sur la récompense ; tu crains la souffrance et tu es voué à toutes les souffrances ; tu te crois immortel et tu es déjà saisi par la mort. Ah ! malheureux, tu te perds.
9) autour de toi seront les parents, les yeux rouges, la figure gonflée et couverte de larmes dans l'excès de leur tristesse ; devant toi, la face terrible des messagers de Yama.
10) Brisé par le souvenir de tes péchés, l'oreille frémissante du cri des damnés, souillé de tes propres ordures, tu ne commanderas ni à ton corps, ni à ta voix, ni à la pensée. Que pourras-tu faire ?
11) Nous sommes semblables aux poissons que [les Orientaux] gardent vivants [pour s'en nourrir]. Craignons la mort, tandis qu'il n'est pas trop tard ; — [la mort,] que dis-je ? Bien plutôt, pécheurs que nous sommes, les terribles tourments de l'enfer.
12) Comment, pauvre enfant douillet, tu cries quand tu te brûles avec de l'eau chaude ; et ton péché d'enfer te laisse en pleine sécurité !
13) Tu ne t'efforces pas et tu comptes sur la récompense ; tu crains la souffrance et tu es voué à toutes les souffrances ; tu te crois immortel et tu es déjà saisi par la mort. Ah ! malheureux, tu te perds.
14) Puisque, [bonheur inouï], tu as pris pied sur ce navire qui est l'état d'homme, traverse le large fleuve de la souffrance. Insensé ! Ce n'est pas le moment de dormir. Quand et à quel prix retrouveras-tu jamais ce navire ?
15) Tu fais fi de l'excellente joie des bonnes œuvres, source de félicités qui se renouvellent sans fin ; et tu te plais dans les dissipations, [rires, jeux, chants, dans des plaisirs] qui mûriront en souffrance.
16) La confiance en soi, les [quatre] corps d'armée, l'application exclusive, la domination de soi, l'indifférenciation de soi et d'autrui, et la substitution d'autrui au moi : [voilà les ennemis de la paresse ; les auxiliaires de la force].
17) Il ne faut pas te décourager en disant : « Comment obtiendrai-je jamais l'illumination des Bouddhas ? », car le véridique Tathâgata a déclaré ceci en toute vérité.
18) « Ils ont été des insectes, des moustiques, des mouches et des vers [ces Bouddhas souverains, Çâkyamuni, Ratnaçikhin, Dîpaṅkara]. En s'efforçant, ils ont obtenu la suprême illumination, si difficile à obtenir. »
19) Et moi, j'ai déjà obtenu l'état privilégié d'existence humaine ; je sais distinguer ce qui est bon et ce qui est mauvais. Pourquoi, fidèle aux règles de l'Omniscient, n'obtiendrais-je pas l'illumination des Bouddhas ?
20) Mais je frémis à la pensée de sacrifier, [comme doivent le faire les futurs Bouddhas], mes mains, mes pieds et [ma vie même] ! C'est que tu ne réfléchis pas, [ô mon âme !] Tu crois lourd ce qui est léger, et léger ce qui est lourd.
15) Tu fais fi de l'excellente joie des bonnes œuvres, source de félicités qui se renouvellent sans fin ; et tu te plais dans les dissipations, [rires, jeux, chants, dans des plaisirs] qui mûriront en souffrance.
16) La confiance en soi, les [quatre] corps d'armée, l'application exclusive, la domination de soi, l'indifférenciation de soi et d'autrui, et la substitution d'autrui au moi : [voilà les ennemis de la paresse ; les auxiliaires de la force].
17) Il ne faut pas te décourager en disant : « Comment obtiendrai-je jamais l'illumination des Bouddhas ? », car le véridique Tathâgata a déclaré ceci en toute vérité.
18) « Ils ont été des insectes, des moustiques, des mouches et des vers [ces Bouddhas souverains, Çâkyamuni, Ratnaçikhin, Dîpaṅkara]. En s'efforçant, ils ont obtenu la suprême illumination, si difficile à obtenir. »
19) Et moi, j'ai déjà obtenu l'état privilégié d'existence humaine ; je sais distinguer ce qui est bon et ce qui est mauvais. Pourquoi, fidèle aux règles de l'Omniscient, n'obtiendrais-je pas l'illumination des Bouddhas ?
20) Mais je frémis à la pensée de sacrifier, [comme doivent le faire les futurs Bouddhas], mes mains, mes pieds et [ma vie même] ! C'est que tu ne réfléchis pas, [ô mon âme !] Tu crois lourd ce qui est léger, et léger ce qui est lourd.
21) [D'une part], le corps mutilé, lacéré, brûlé, fendu avec des scies rouges ; des supplices renouvelés sans fin pendant des siècles innombrables et stériles pour l'illumination [: voilà ce que tu crois léger].
22) Mesurée, au contraire, la souffrance qui engendre l'illumination : telle la brève souffrance de l'extraction d'une épine perdue dans les chairs.
23) Tous les médecins, pour rétablir la santé, font des opérations douloureuses [ou prescrivent un régime pénible]. Il est donc convenable que tu souffres un peu pour apaiser la douleur éternelle de toi-même et du prochain !
24) Mais cette méthode, encore que convenable, le meilleur des médecins ne l'impose pas [aux néophytes] : c'est par une méthode très douce, [proportionnée aux forces du fidèle], qu'il guérit les [passions], maladies invétérées et dangereuses.
25) Notre Maître, en effet, commence par imposer [des sacrifices faciles] : « Donnez des légumes [et du riz] » ; ensuite, et graduellement, il fait en sorte que [le fidèle] abandonne [volontiers] jusqu'à sa propre chair.
26) [La pratique de la charité anéantit peu à peu tout égoïsme, et] quand le bodhisattva n'a pas plus d'attachement pour son corps que pour des légumes, lui est-il difficile de donner sa chair et ses os ?
27) Le bodhisattva est à l'abri de toute douleur corporelle, car il a dépouillé le péché ; à l'abri de toute tristesse, car il connaît la vérité [du double néant] : or la pensée souffre par l'erreur, le corps par le péché.
22) Mesurée, au contraire, la souffrance qui engendre l'illumination : telle la brève souffrance de l'extraction d'une épine perdue dans les chairs.
23) Tous les médecins, pour rétablir la santé, font des opérations douloureuses [ou prescrivent un régime pénible]. Il est donc convenable que tu souffres un peu pour apaiser la douleur éternelle de toi-même et du prochain !
24) Mais cette méthode, encore que convenable, le meilleur des médecins ne l'impose pas [aux néophytes] : c'est par une méthode très douce, [proportionnée aux forces du fidèle], qu'il guérit les [passions], maladies invétérées et dangereuses.
25) Notre Maître, en effet, commence par imposer [des sacrifices faciles] : « Donnez des légumes [et du riz] » ; ensuite, et graduellement, il fait en sorte que [le fidèle] abandonne [volontiers] jusqu'à sa propre chair.
26) [La pratique de la charité anéantit peu à peu tout égoïsme, et] quand le bodhisattva n'a pas plus d'attachement pour son corps que pour des légumes, lui est-il difficile de donner sa chair et ses os ?
27) Le bodhisattva est à l'abri de toute douleur corporelle, car il a dépouillé le péché ; à l'abri de toute tristesse, car il connaît la vérité [du double néant] : or la pensée souffre par l'erreur, le corps par le péché.
28) Les bonnes œuvres assurent le bonheur du corps ; la science, le bonheur de l'âme : rien n'a prise sur le [bodhisattva] miséricordieux qui reste dans ce monde pour le bien d'autrui.
[vide]
Bouddhas naissent alors en présence du bienheureux [Amitâbha].
Quant aux pécheurs, aux œuvres [entièrement] mauvaises : soigneusement écorchés par les bourreaux de Yama, poussant des cris lamentables, plongés dans du cuivre fondu, déchiquetés avec des épées et des instruments brûlants, ils tombent et retombent sur le plancher de fer rouge.
Méditez sur ces vérités, et dans le tremblement de vos cœurs, formez [renouvelez] le vœu de vous appliquer au bien.
[Déjà] appliqué [au bien], le bodhisattva développe la fierté d’après les principes du Vajradhvaja-sûtra.
Examiner tout d’abord ses forces [et les mesurer avec la tâche] : entreprendre ou ne pas entreprendre suivant le cas, car mieux vaut ne pas commencer que de reculer.
[Pourquoi ?] On contracterait l’habitude, pour cette vie et les suivantes, [d’abandonner ses entreprises] ; [ne pas accomplir ses promesses est] un péché, d’où la souffrance ; l’œuvre [qu’on laisse inachevée, pour l’entreprise qu’on ne mènera pas à terme,] est perdue ; perdu le temps [qu’on devait employer autrement et perdue l’œuvre qu’on aurait dû faire] ; non achevée, enfin, l’œuvre [imprudemment commencée : pour ces cinq raisons, mieux vaut ne pas commencer que de revenir en arrière].
[vide]
Bouddhas naissent alors en présence du bienheureux [Amitâbha].
Quant aux pécheurs, aux œuvres [entièrement] mauvaises : soigneusement écorchés par les bourreaux de Yama, poussant des cris lamentables, plongés dans du cuivre fondu, déchiquetés avec des épées et des instruments brûlants, ils tombent et retombent sur le plancher de fer rouge.
Méditez sur ces vérités, et dans le tremblement de vos cœurs, formez [renouvelez] le vœu de vous appliquer au bien.
[Déjà] appliqué [au bien], le bodhisattva développe la fierté d’après les principes du Vajradhvaja-sûtra.
Examiner tout d’abord ses forces [et les mesurer avec la tâche] : entreprendre ou ne pas entreprendre suivant le cas, car mieux vaut ne pas commencer que de reculer.
[Pourquoi ?] On contracterait l’habitude, pour cette vie et les suivantes, [d’abandonner ses entreprises] ; [ne pas accomplir ses promesses est] un péché, d’où la souffrance ; l’œuvre [qu’on laisse inachevée, pour l’entreprise qu’on ne mènera pas à terme,] est perdue ; perdu le temps [qu’on devait employer autrement et perdue l’œuvre qu’on aurait dû faire] ; non achevée, enfin, l’œuvre [imprudemment commencée : pour ces cinq raisons, mieux vaut ne pas commencer que de revenir en arrière].
Il y a trois orgueils légitimes : l’orgueil de l’œuvre, l’orgueil contre la passion, l’orgueil de la puissance.
Par le premier, on réclame pour soi seul le travail : « Cette pauvre humanité, esclave des passions, est incapable de quoi que ce soit pour son bien. [Moi, bodhisattva], je dois faire tout à sa place et pour elle : je ne suis pas impuissant comme les autres. »
Un tel fait une besogne servile alors que je suis là, [moi, l’esclave des créatures] ! Si par orgueil je ne prends pas sa place, périsse plutôt mon orgueil !
Le corbeau devient un Garuda quand il s’attaque à un lézard mort. La moindre occasion de péché me fera tomber si ma pensée est faible [si mon orgueil de bodhisattva est miné par la passion].
Quand l’homme manque de résolution, d’activité morale, [par indolence et oubli de la loi], les occasions de péché et les chutes sont fréquentes ; mais quand la pensée est tendue, énergique, [attentive], les plus grandes tentations ne peuvent la vaincre.
Aussi j’affermis ma pensée [et je me cuirasse d’un saint orgueil] : je détruirai qui veut me détruire. N’est-il pas ridicule celui qui veut conquérir le triple monde et que la tentation abat ?
Je triompherai de tous ; je ne serai vaincu par personne. Tel est mon orgueil : ne suis-je pas le fils des [Bouddhas, ces] victorieux, ces lions ?
Par le premier, on réclame pour soi seul le travail : « Cette pauvre humanité, esclave des passions, est incapable de quoi que ce soit pour son bien. [Moi, bodhisattva], je dois faire tout à sa place et pour elle : je ne suis pas impuissant comme les autres. »
Un tel fait une besogne servile alors que je suis là, [moi, l’esclave des créatures] ! Si par orgueil je ne prends pas sa place, périsse plutôt mon orgueil !
Le corbeau devient un Garuda quand il s’attaque à un lézard mort. La moindre occasion de péché me fera tomber si ma pensée est faible [si mon orgueil de bodhisattva est miné par la passion].
Quand l’homme manque de résolution, d’activité morale, [par indolence et oubli de la loi], les occasions de péché et les chutes sont fréquentes ; mais quand la pensée est tendue, énergique, [attentive], les plus grandes tentations ne peuvent la vaincre.
Aussi j’affermis ma pensée [et je me cuirasse d’un saint orgueil] : je détruirai qui veut me détruire. N’est-il pas ridicule celui qui veut conquérir le triple monde et que la tentation abat ?
Je triompherai de tous ; je ne serai vaincu par personne. Tel est mon orgueil : ne suis-je pas le fils des [Bouddhas, ces] victorieux, ces lions ?
Les hommes vaincus par l’orgueil sont des misérables, et non pas des orgueilleux ; l’orgueilleux ne devient pas la chose de son ennemi et les [faux] orgueilleux sont les esclaves de cet ennemi qui est l’orgueil.
57-58j L’orgueil les précipite dans les destinées intimes ;
ou si, par hasard, ils obtiennent l’existence humaine, privés
de tout ressort et de toute joie, mangeant le pain d’autrui,
réduits en esclavage, abrutis, hideux, débiles, ils sont
méprisés de tous, les misérables qui se raidissent dans l’orgueil.
Si tu les tiens pour des orgueilleux, qui appelleras-
tu lâches et misérables ?
59) Ceux-là sont des orgueilleux, des victorieux, des
héros, les bodhisattvas qui mettent leur orgueil à écraser
l’orgueil, cet ennemi ; qui anéantissent l’orgueil dans ses
assauts furieux, et, [devenus Bouddhas], manifestent indé-
finiment au monde le fruit de leur victoire !
60) Quand il est environné par la horde des passions,
[le bodhisattva, tel un guerrier], centuple son insolente
fierté : il est inattaquable aux passions, comme le lion au
peuple des animaux.
61) Il ne peut se faire, quoi qu’il arrive, que [le bodhisattva]
cède aux passions : de même que l’œil ne goûtera jamais
les saveurs.
62) À l’œuvre pie, lecture, méditation, etc., dont
l’heure est venue, il s’applique de toutes ses forces ; il
s’enivre, jamais assouvi, de la saveur qu’elle contient : tel
[un joueur] tout entier au plaisir et au gain.
57-58j L’orgueil les précipite dans les destinées intimes ;
ou si, par hasard, ils obtiennent l’existence humaine, privés
de tout ressort et de toute joie, mangeant le pain d’autrui,
réduits en esclavage, abrutis, hideux, débiles, ils sont
méprisés de tous, les misérables qui se raidissent dans l’orgueil.
Si tu les tiens pour des orgueilleux, qui appelleras-
tu lâches et misérables ?
59) Ceux-là sont des orgueilleux, des victorieux, des
héros, les bodhisattvas qui mettent leur orgueil à écraser
l’orgueil, cet ennemi ; qui anéantissent l’orgueil dans ses
assauts furieux, et, [devenus Bouddhas], manifestent indé-
finiment au monde le fruit de leur victoire !
60) Quand il est environné par la horde des passions,
[le bodhisattva, tel un guerrier], centuple son insolente
fierté : il est inattaquable aux passions, comme le lion au
peuple des animaux.
61) Il ne peut se faire, quoi qu’il arrive, que [le bodhisattva]
cède aux passions : de même que l’œil ne goûtera jamais
les saveurs.
62) À l’œuvre pie, lecture, méditation, etc., dont
l’heure est venue, il s’applique de toutes ses forces ; il
s’enivre, jamais assouvi, de la saveur qu’elle contient : tel
[un joueur] tout entier au plaisir et au gain.
63) Toute action, stérile d’ailleurs ou féconde, a pour
principe l’espoir d’un bien. Mais pour celui dont le bonheur
est dans l’action même, il n’est pas de bonheur fors
l’action.
64) Les plaisirs, — miel sur le tranchant du rasoir, —
ne rassasient pas les vivants ; et qui serait rassasié de l’am-
broisie des bonnes œuvres qui mûrissent ici-bas en fruits
savoureux et produisent le bonheur final ?
65) Donc, quand un travail est fini, que [le bodhisattva]
se plonge aussitôt dans un autre ; comme l’éléphant sous
les feux du midi se plonge tout d’abord dans le lac.
66) [Mais cette ivresse d’action n’est pas sans règle.]
Quand on constate que les forces manquent [pour achever
l’œuvre commencée], on s’arrête en vue d’achever plus tard.
Et, quand l’œuvre entreprise est parfaite, on cesse de s’en
occuper, tout entier à la tâche qui doit suivre [et à son
fruit].
67) [Le saint] n’a qu’une pensée : se garder des coups
des passions, leur porter des coups décisifs ; tel le héros,
qui combat à l’épée, [plus habile encore], un habile adversaire :
68) Si l’épée vient à tomber, il la reprend, aussi prompt
que la crainte. Quand la mémoire, cette épée, lui échappe,
[le saint] la reprend [et la tient en garde], se souvenant des enfers.
69) Toute blessure est grave, car si le poison pénètre
dans le sang, il se répand dans tout le corps ; de même le
mal dans la pensée, s’il trouve une fissure [par où s’introduire].
principe l’espoir d’un bien. Mais pour celui dont le bonheur
est dans l’action même, il n’est pas de bonheur fors
l’action.
64) Les plaisirs, — miel sur le tranchant du rasoir, —
ne rassasient pas les vivants ; et qui serait rassasié de l’am-
broisie des bonnes œuvres qui mûrissent ici-bas en fruits
savoureux et produisent le bonheur final ?
65) Donc, quand un travail est fini, que [le bodhisattva]
se plonge aussitôt dans un autre ; comme l’éléphant sous
les feux du midi se plonge tout d’abord dans le lac.
66) [Mais cette ivresse d’action n’est pas sans règle.]
Quand on constate que les forces manquent [pour achever
l’œuvre commencée], on s’arrête en vue d’achever plus tard.
Et, quand l’œuvre entreprise est parfaite, on cesse de s’en
occuper, tout entier à la tâche qui doit suivre [et à son
fruit].
67) [Le saint] n’a qu’une pensée : se garder des coups
des passions, leur porter des coups décisifs ; tel le héros,
qui combat à l’épée, [plus habile encore], un habile adversaire :
68) Si l’épée vient à tomber, il la reprend, aussi prompt
que la crainte. Quand la mémoire, cette épée, lui échappe,
[le saint] la reprend [et la tient en garde], se souvenant des enfers.
69) Toute blessure est grave, car si le poison pénètre
dans le sang, il se répand dans tout le corps ; de même le
mal dans la pensée, s’il trouve une fissure [par où s’introduire].
70) Comme, [dans la légende,] l’homme qui porte un
vase rempli d’huile ; des soldats l’entourent, le fer au poing ;
[le sol est glissant] ; le moindre faux pas est fatal, [car une
seule goutte répandue lui coûtera la vie]. Aussi attentif le
bodhisattva [qui redoute l’enfer].
71) Comme si un serpent se glissait sur la poitrine, aussi
prompt [, aussi effrayé], le bodhisattva réagit violemment
contre le sommeil et la langueur qui s’insinuent.
72) S’il lui arrive de faiblir, [c’est comme un vaillant :] il
s’afflige et réfléchit : « Comment faire que cela ne m’arrive
plus ? »
73) Aussi cherche-t-il le commerce [des amis spirituels],
l’œuvre [qu’ils commandent et les châtiments qu’ils infligent],
pour apprendre à s’exercer [attentivement] dans la mémoire
de la Loi, [et à accroître ainsi la force].
74) Jamais il n’oublie le « Sermon sur l’attention », il rend
sa pensée et son corps rapides et maniables, en sorte
qu’il soit prêt toujours et en toute chose, avant même qu’il faille commencer.
Comme la graine du cotonnier obéit au vent, allant
et venant sous son impulsion ;
de même, le bodhisattva se dirige à sa volonté.
C’est ainsi qu’on obtient les pouvoirs magiques et toute félicité.
vase rempli d’huile ; des soldats l’entourent, le fer au poing ;
[le sol est glissant] ; le moindre faux pas est fatal, [car une
seule goutte répandue lui coûtera la vie]. Aussi attentif le
bodhisattva [qui redoute l’enfer].
71) Comme si un serpent se glissait sur la poitrine, aussi
prompt [, aussi effrayé], le bodhisattva réagit violemment
contre le sommeil et la langueur qui s’insinuent.
72) S’il lui arrive de faiblir, [c’est comme un vaillant :] il
s’afflige et réfléchit : « Comment faire que cela ne m’arrive
plus ? »
73) Aussi cherche-t-il le commerce [des amis spirituels],
l’œuvre [qu’ils commandent et les châtiments qu’ils infligent],
pour apprendre à s’exercer [attentivement] dans la mémoire
de la Loi, [et à accroître ainsi la force].
74) Jamais il n’oublie le « Sermon sur l’attention », il rend
sa pensée et son corps rapides et maniables, en sorte
qu’il soit prêt toujours et en toute chose, avant même qu’il faille commencer.
Comme la graine du cotonnier obéit au vent, allant
et venant sous son impulsion ;
de même, le bodhisattva se dirige à sa volonté.
C’est ainsi qu’on obtient les pouvoirs magiques et toute félicité.