Judaïsme

Les Devoirs du cœur, La seule véritable unité

Le mot « un », dans le langage courant, désigne aussi bien une unité accidentelle et transitoire qu’une unité essentielle et permanente. C’est cette unité essentielle et permanente qui est la véritable unité… Même lorsque le mot « un », au sens d’unité accidentelle, ne désigne pas des unités manifestement collectives ou des touts composés, tels que les espèces, une armée, etc., mais qu’il s’applique à un seul homme, il désigne malgré tout une pluralité.
Car il désigne un être composé de substance et de forme, de ce qui est essentiel et de ce qui est accidentel ; un être dont l’existence et la perte de l’existence viennent de l’extérieur ; un être sujet à la composition et à la dissolution, au changement et à la division, à la classification ou à l’association avec d’autres êtres de même nature. Une telle unité n’est pas la véritable unité. Médite bien cela.
Même lorsqu’il désigne une unité absolue, le mot « un » peut s’appliquer à une chose qui n’est qu’une parmi d’autres…
Mais l’unité essentielle, absolue, réelle et objective, qui est immuable et ne peut être multipliée, ni comptée parmi les qualités de la matière, dont l’être ou la disparition de l’être ne peut être provoqué de l’extérieur, qui est sans commencement ni fin, qui ne peut être mue ni comparée à quoi que ce soit, ni avoir quoi que ce soit comparé à elle, ni être rangée dans aucune catégorie, parce qu’Elle est une et unique à tous égards et sous tous les aspects : elle seule est la véritable unité, la racine et la cause de toutes les choses collectives ou composées. Telle est la signification du mot « Un », lorsque nous parlons de l’unité de Dieu.

Source Bahya ibn Paquda, The Duties of the Heart, trans. Edwin Collins (1909), archive.org dutiesofheart01bahy (OCR corrigé) — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire