Catholicisme

Confessions, livre douzième, chapitre XXX

L’Écriture veut être interprétée en esprit de charité.
Que la vérité même établisse l’union entre tant d’opinions de vérité différente! Que la miséricorde du Seigneur nous permette «de faire un légitime usage de la loi, en la rapportant au précepte de l’amour»! Ainsi donc, si l’on me demande quel est, suivant moi, le sens de Moïse, ces pages ne seraient point d’humbles confessions, si je n’avouais avec sincérité ce que j’ignore. Et je sais pourtant que toutes ces opinions sont vraies, sauf ces pensers charnels, dont j’ai parlé. Et ceux qui tombent dans ces pensers sont néanmoins du nombre de ces petits d’heureuse espérance qui ne s’effarouchent pas des paroles sacrées; ces paroles si sublimes dans leur humilité, si prodigues dans leur parcimonie.
I Tim., I, 5.
Pour nous, qui, j’ose le dire, n’interprétons le texte saint que suivant la vérité, si c’est pour elle-même et non pour la vanité de nos sentiments que notre cœur soupire, aimons-nous mutuellement; aimons-nous en Vous, ô Dieu, source de vérité, et honorons Votre serviteur, oracle de Votre Esprit, dispensateur de Vos Écritures; et que notre vénération nous préserve de douter qu’en les écrivant sous Votre dictée, il n’ait aperçu les lumières les plus vives et les fruits les meilleurs.

Source Saint Augustin, Confessions, trad. L. Moreau, Project Gutenberg #67320 · Sommaire