Catholicisme

Confessions, livre douzième, chapitre IV

Matière primitive.
Et cela, comment le désigner pour être compris des intelligences plus lentes, autrement que par une dénomination vulgaire? Où trouver, dans toutes les parties du monde, quelque chose de plus analogue à cette informité vague, que la terre et l’abîme? car, placés l’un et l’autre au dernier échelon de l’existence, sont-ils comparables aux créatures supérieures, revêtues de gloire et de lumière? Pourquoi donc n’admettrais-je pas que, par complaisance pour la faiblesse de l’homme, l’Écriture ait nommé «terre invisible et sans forme» cette informité matérielle, que vous aviez créée d’abord dans cette aride nudité, pour en faire un monde paré de formes et de beauté?

Source Saint Augustin, Confessions, trad. L. Moreau, Project Gutenberg #67320 · Sommaire