Catholicisme

Confessions, livre septième, chapitre XIII

Rien que de bon dans les œuvres de Dieu.
Et pour Vous le mal n’est pas; il n’est pas pour l’universalité de votre œuvre, car Il n’est pas en dehors, il n’est rien pour y pouvoir pénétrer par violence et altérer l’ordre que Vous avez imposé. Dans le détail seulement, le mal, c’est quelque disconvenance, convenance plus loin et devenant bien, de substances bonnes en soi. Et toutes ces choses sans convenance entre elles conviennent à l’ordre inférieur que nous appelons la terre, qui a son atmosphère convenable de nuages et de vents.
Et loin de moi de désirer que ces choses ne soient pas, bien qu’à les voir séparément je les puisse désirer meilleures! Mais fussent-elles seules, je devrais encore Vous en louer, car, du fond de la terre, «les dragons et les abîmes témoignent que Vous êtes digne de louanges; et le feu, la grêle, la neige, la glace et le souffle de la tempête qui obéissent à Votre parole; les montagnes et les collines, les arbres fruitiers et les cèdres, les bêtes et les troupeaux, les oiseaux et les reptiles, les rois de la terre et les peuples, les princes et les juges de la terre, les jeunes gens et les vierges, les vieillards et les enfants, glorifient Votre nom».
Ps. CXLVIII, 12.
Et à la pensée que Vous êtes également loué au ciel, «que dans les hauteurs infinies, ô mon Dieu! Vos anges et vos puissances chantent Vos louanges; que le soleil, la lune, les étoiles et la lumière, les cieux des cieux, et les eaux qui planent sur les cieux, publient Votre nom», je ne souhaitais plus rien de meilleur. Car, embrassant l’ensemble, je trouvais bien les êtres supérieurs plus excellents que les inférieurs, mais l’ensemble, après mûr examen, plus excellent que les supérieurs isolés.

Source Saint Augustin, Confessions, trad. L. Moreau, Project Gutenberg #67320 · Sommaire