Liaisons funestes.
Quel était donc cet instinct de mon âme? Vil et honteux instinct! Ame misérable, tu t’es livrée à lui! Quel était enfin cet instinct maudit? «Oh! qui peut sonder l’abîme des péchés?» C’était un rire malin qui nous chatouillait le cœur à l’idée de tromper un homme, et de préparer à sa sécurité un fâcheux réveil. Pourquoi donc n’avais-je de plaisir, que précisément parce que je n’étais pas seul? Seul, est-il plus difficile de rire? Il est vrai; et cependant, un homme est seul, et le rire s’empare de lui, si un objet ridicule frappe ses sens ou son esprit. Mais moi je n’eusse rien fait seul; non, seul, je n’eusse rien fait.
Ps. XVIII, 13.
Oui, mon Dieu, voici devant Vous la vivante souvenance de mon âme! Seul, je n’eusse pas commis ce larcin, n’en aimant pas l’objet, n’aimant que lui-même. Seul, je n’eusse trouvé aucun plaisir à le faire, je ne l’eusse point fait. O amitié ennemie, séduction de l’esprit, subtile ardeur de nuire inspirée par l’entrain et le jeu, sans cupidité, sans passion vindicative, sur un seul mot: Allons, dérobons! et l’on rougit de rougir encore!
Quel était donc cet instinct de mon âme? Vil et honteux instinct! Ame misérable, tu t’es livrée à lui! Quel était enfin cet instinct maudit? «Oh! qui peut sonder l’abîme des péchés?» C’était un rire malin qui nous chatouillait le cœur à l’idée de tromper un homme, et de préparer à sa sécurité un fâcheux réveil. Pourquoi donc n’avais-je de plaisir, que précisément parce que je n’étais pas seul? Seul, est-il plus difficile de rire? Il est vrai; et cependant, un homme est seul, et le rire s’empare de lui, si un objet ridicule frappe ses sens ou son esprit. Mais moi je n’eusse rien fait seul; non, seul, je n’eusse rien fait.
Ps. XVIII, 13.
Oui, mon Dieu, voici devant Vous la vivante souvenance de mon âme! Seul, je n’eusse pas commis ce larcin, n’en aimant pas l’objet, n’aimant que lui-même. Seul, je n’eusse trouvé aucun plaisir à le faire, je ne l’eusse point fait. O amitié ennemie, séduction de l’esprit, subtile ardeur de nuire inspirée par l’entrain et le jeu, sans cupidité, sans passion vindicative, sur un seul mot: Allons, dérobons! et l’on rougit de rougir encore!