Catholicisme

Histoire d’une âme, partie 2, chapitre 5

Glorieux gardien de mon âme,

Toi qui brilles dans le beau ciel

Comme une douce et pure flamme,

Près du trône de l’Éternel ;

Tu viens pour moi sur cette terre,

Et m’éclairant de Ta splendeur,

Bel Ange, Tu deviens mon frère,

Mon ami, mon consolateur !



Connaissant ma grande faiblesse,

Tu me diriges par la main ;

Et je Te vois, avec tendresse,

Ôter la pierre du chemin.

Toujours Ta douce voix m’invite

À ne regarder que les cieux ;

Plus Tu me vois humble et petite,

Et plus Ton front est radieux.



Ô toi qui traverses l’espace

Plus promptement que les éclairs,

Vole bien souvent à ma place

Auprès de ceux qui me sont chers ;

De Ton aile sèche leurs larmes,

Chante combien Jésus est bon !

Chante que souffrir a des charmes,

Et tout bas murmure mon nom.



Je veux, pendant ma courte vie,

Sauver mes frères les pécheurs ;

Ô bel Ange de la patrie,

Donne-moi Tes saintes ardeurs.

Je n’ai rien que mes sacrifices,

Et mon austère pauvreté ;

Unis à Tes pures délices,

Offre-les à la Trinité.
À Toi, le royaume et la gloire,

Les richesses du Roi des rois.

À moi, le Pain du saint ciboire,

À moi, le trésor de la Croix.

Avec la Croix, avec l’Hostie,

Avec Ton céleste secours,

J’attends en paix, de l’autre vie,

Le bonheur qui dure toujours !

Source Thérèse de Lisieux, Histoire d’une âme (1898), fr.wikisource.org · Sommaire