Catholicisme

Histoire d’une âme, partie 1, chapitre 15

Au monde, quel bonheur extrême !

J’ai dit un éternel adieu.

Élevé plus haut que lui-même,

Mon cœur n’a d’autre appui que Dieu ;

Et maintenant je le proclame :

Ce que j’estime près de lui,

C’est de voir mon cœur et mon âme

Appuyés sans aucun appui !



Bien que je souffre sans lumière,

En cette existence d’un jour,

Je possède au moins sur la terre

L’Astre céleste de l’amour.

Dans le chemin qu’il me faut suivre

Se rencontre plus d’un péril ;

Mais, par amour, je veux bien vivre

Dans les ténèbres de l’exil.



L’amour, j’en ai l’expérience,

Du bien, du mal qu’il trouve en moi,

Sait profiter ; quelle puissance !

Il transforme mon âme en soi.

Ce feu qui brûle dans mon âme

Pénètre mon cœur sans retour ;

Ainsi dans son ardente flamme

Je vais, me consumant d’amour !

Source Thérèse de Lisieux, Histoire d’une âme (1898), fr.wikisource.org · Sommaire