1. J.-C. Mon fils, vous ne pouvez jouir d’une liberté
parfaite, si vous ne vous renoncez entièrement.
Ils vivent en servitude tous ceux qui s’aiment, et qui
veulent être à eux-mêmes. On les voit, avides, curieux,
inquiets, cherchant toujours ce qui flatte leurs sens, et non
ce qui me plaît, se repaître d’illusions, et former mille
projets qui se dissipent.
Car tout ce qui ne vient pas de Dieu périra.
Retenez bien cette courte et profonde parole : Quittez tout, et vous trouverez tout. Renoncez à vos désirs, et vous
goûterez le repos.
Méditez ce précepte ; et quand vous l’aurez accompli,
vous saurez tout.
2. LE F. Seigneur, ce n’est pas l’œuvre d’un jour, ni un
jeu d’enfants : cette courte maxime renferme toute la perfection
religieuse.
3. J.-C. Mon fils, vous ne devez point vous rebuter ni
perdre courage, lorsqu’on vous montre la voie des parfaits ;
mais plutôt vous efforcer de parvenir à cet état sublime, ou
au moins y aspirer de tous vos désirs.
Ah ! s’il en était ainsi de vous ! si vous en étiez venu jusqu’à
ne plus vous aimer vous-même, soumis à moi sans réserve,
et au supérieur que je vous ai donné ! Alors j’arrêterais sur
vous mes regards avec complaisance, et tous vos jours pas
seraient dans la paix et dans la joie.
parfaite, si vous ne vous renoncez entièrement.
Ils vivent en servitude tous ceux qui s’aiment, et qui
veulent être à eux-mêmes. On les voit, avides, curieux,
inquiets, cherchant toujours ce qui flatte leurs sens, et non
ce qui me plaît, se repaître d’illusions, et former mille
projets qui se dissipent.
Car tout ce qui ne vient pas de Dieu périra.
Retenez bien cette courte et profonde parole : Quittez tout, et vous trouverez tout. Renoncez à vos désirs, et vous
goûterez le repos.
Méditez ce précepte ; et quand vous l’aurez accompli,
vous saurez tout.
2. LE F. Seigneur, ce n’est pas l’œuvre d’un jour, ni un
jeu d’enfants : cette courte maxime renferme toute la perfection
religieuse.
3. J.-C. Mon fils, vous ne devez point vous rebuter ni
perdre courage, lorsqu’on vous montre la voie des parfaits ;
mais plutôt vous efforcer de parvenir à cet état sublime, ou
au moins y aspirer de tous vos désirs.
Ah ! s’il en était ainsi de vous ! si vous en étiez venu jusqu’à
ne plus vous aimer vous-même, soumis à moi sans réserve,
et au supérieur que je vous ai donné ! Alors j’arrêterais sur
vous mes regards avec complaisance, et tous vos jours pas
seraient dans la paix et dans la joie.
Il vous reste encore bien des choses à quitter ; et à moins
que vous n’y renonciez entièrement pour moi, vous n’obtiendrez
point ce que vous demandez.
Écoutez mes conseils, et pour acquérir de vraies richesses,
achetez de moi de l’or éprouvé par le feu, c’est-à-dire la
sagesse céleste, qui foule aux pieds toutes les choses d’ici-bas.
Qu’elle vous soit plus chère que la sagesse du siècle et que
tout ce qui plaît aux hommes, ou nous plaît en nous-mêmes.
4. Je vous le dis, échangez ce qu’il y a de grand et de
précieux dans les choses humaines, contre une chose vile.
Car on regarde comme petite et vile, et l’on oublie presque
entièrement cette sagesse du ciel, la seule vraie, qui
ne s’élève point en elle-même, et qui ne cherche point à
être admirée sur la terre. Plusieurs ont ses louanges à la
bouche, mais ils s’éloignent d’elle par leur vie. C’est cependant
cette perle précieuse qui est cachée au plus grand
nombre.
que vous n’y renonciez entièrement pour moi, vous n’obtiendrez
point ce que vous demandez.
Écoutez mes conseils, et pour acquérir de vraies richesses,
achetez de moi de l’or éprouvé par le feu, c’est-à-dire la
sagesse céleste, qui foule aux pieds toutes les choses d’ici-bas.
Qu’elle vous soit plus chère que la sagesse du siècle et que
tout ce qui plaît aux hommes, ou nous plaît en nous-mêmes.
4. Je vous le dis, échangez ce qu’il y a de grand et de
précieux dans les choses humaines, contre une chose vile.
Car on regarde comme petite et vile, et l’on oublie presque
entièrement cette sagesse du ciel, la seule vraie, qui
ne s’élève point en elle-même, et qui ne cherche point à
être admirée sur la terre. Plusieurs ont ses louanges à la
bouche, mais ils s’éloignent d’elle par leur vie. C’est cependant
cette perle précieuse qui est cachée au plus grand
nombre.
Qu’est-ce que l’homme livré à lui-même, à son esprit dépourvu de
règle, à ses désirs, à ses penchants ? Esclave des erreurs diverses qui le séduisent tour à tour, esclave de ses convoitises et des objets de ses
convoitises, est-il une servitude plus profonde que la sienne ? Et
voilà, ô mon Dieu, l’état de toute créature qui refuse de se soumettre
entièrement à vous. Pour être libre, il faut obéir. La parfaite liberté
n’est que l’accomplissement parfait des préceptes et des conseils évangéliques, et tous les préceptes et tous les conseils se réduisent au
renoncement de soi-même : car, en renonçant à sa raison propre, on
possède, dans sa plénitude et sans aucun mélange, la vérité de Dieu ;
en renonçant à l’amour de soi corrompu en Adam, l’amour de Dieu
et du prochain à cause de Dieu, lequel est le sommaire de la loi,
demeure seul au fond du cœur ; en renonçant à sa volonté l’on n’agit
plus que d’après la volonté de Dieu, qui est l’ordre par excellence. Et
l’homme alors est libre comme Dieu même, dont il devient la
fidèle image ; il est libre, car cette abnégation absolue de lui-même
l’affranchit du double esclavage de l’erreur et des passions. Nous avons été, dit saint Paul, délivrés par Jésus-Christ, et appelés par Lui à la liberté ; c’est-à-dire, à la connaissance de la loi évangélique,
loi parfaite de liberté, qui, après avoir délivré ceux qui s’y attachent
fidèlement de la servitude de la corruption, les conduit enfin à la
liberté de la gloire promise aux enfants de Dieu.
règle, à ses désirs, à ses penchants ? Esclave des erreurs diverses qui le séduisent tour à tour, esclave de ses convoitises et des objets de ses
convoitises, est-il une servitude plus profonde que la sienne ? Et
voilà, ô mon Dieu, l’état de toute créature qui refuse de se soumettre
entièrement à vous. Pour être libre, il faut obéir. La parfaite liberté
n’est que l’accomplissement parfait des préceptes et des conseils évangéliques, et tous les préceptes et tous les conseils se réduisent au
renoncement de soi-même : car, en renonçant à sa raison propre, on
possède, dans sa plénitude et sans aucun mélange, la vérité de Dieu ;
en renonçant à l’amour de soi corrompu en Adam, l’amour de Dieu
et du prochain à cause de Dieu, lequel est le sommaire de la loi,
demeure seul au fond du cœur ; en renonçant à sa volonté l’on n’agit
plus que d’après la volonté de Dieu, qui est l’ordre par excellence. Et
l’homme alors est libre comme Dieu même, dont il devient la
fidèle image ; il est libre, car cette abnégation absolue de lui-même
l’affranchit du double esclavage de l’erreur et des passions. Nous avons été, dit saint Paul, délivrés par Jésus-Christ, et appelés par Lui à la liberté ; c’est-à-dire, à la connaissance de la loi évangélique,
loi parfaite de liberté, qui, après avoir délivré ceux qui s’y attachent
fidèlement de la servitude de la corruption, les conduit enfin à la
liberté de la gloire promise aux enfants de Dieu.