1. J.-C. Mon fils, il faut que vous appreniez beaucoup
de choses que vous ne savez pas encore assez.
2. Le F. Quoi, Seigneur ?
3. J.-C. Vous devez soumettre entièrement vos désirs à
ma volonté, ne point vous aimer vous-même, et ne rechercher
en tout que ce qui me plaît.
Souvent vos désirs s’enflamment, et vous emportent impétueusement :
mais considérez si cette ardeur a ma gloire
pour motif, ou votre intérêt propre.
Si c’est moi que vous avez en vue, vous serez content,
quoi que j’ordonne ; mais si quelque secrète recherche de
vous-même se cache au fond de votre cour, voilà
qui vous abat et vous trouble.
4. Prenez donc garde à ne vous pas trop attacher à des
désirs sur lesquels vous ne m’avez point consulté, de peur
qu’ensuite vous ne veniez à vous repentir, ou que vous
éprouviez du dégoût pour ce qui vous avait plu d’abord,
et que vous aviez cru le meilleur.
Car tout mouvement qui paraît bon ne doit pas être aussitôt
suivi ; de même qu’on ne doit pas non plus céder sur-le-champ
à ses répugnances.
Quelquefois il est à propos de modérer le zèle le plus saint et les meilleurs désirs, de peur qu’ils ne préoccupent
et ne distraient votre esprit ; ou qu’en les suivant indiscrètement,
vous ne causiez du scandale aux autres ; ou
qu’enfin l’opposition que vous y trouverez ne vous jette
vous-même dans le trouble et dans l’abattement.
de choses que vous ne savez pas encore assez.
2. Le F. Quoi, Seigneur ?
3. J.-C. Vous devez soumettre entièrement vos désirs à
ma volonté, ne point vous aimer vous-même, et ne rechercher
en tout que ce qui me plaît.
Souvent vos désirs s’enflamment, et vous emportent impétueusement :
mais considérez si cette ardeur a ma gloire
pour motif, ou votre intérêt propre.
Si c’est moi que vous avez en vue, vous serez content,
quoi que j’ordonne ; mais si quelque secrète recherche de
vous-même se cache au fond de votre cour, voilà
qui vous abat et vous trouble.
4. Prenez donc garde à ne vous pas trop attacher à des
désirs sur lesquels vous ne m’avez point consulté, de peur
qu’ensuite vous ne veniez à vous repentir, ou que vous
éprouviez du dégoût pour ce qui vous avait plu d’abord,
et que vous aviez cru le meilleur.
Car tout mouvement qui paraît bon ne doit pas être aussitôt
suivi ; de même qu’on ne doit pas non plus céder sur-le-champ
à ses répugnances.
Quelquefois il est à propos de modérer le zèle le plus saint et les meilleurs désirs, de peur qu’ils ne préoccupent
et ne distraient votre esprit ; ou qu’en les suivant indiscrètement,
vous ne causiez du scandale aux autres ; ou
qu’enfin l’opposition que vous y trouverez ne vous jette
vous-même dans le trouble et dans l’abattement.
5. Il faut aussi quelquefois user de violence, et résister
aux convoitises des sens, avec une grande force, sans prendre
garde à ce que veut la chair, et à ce qu’elle ne veut
pas, et travailler surtout à la soumettre à l’esprit malgré
elle.
Il faut la châtier et l’asservir, jusqu’à ce que, prête à tout,
elle ait appris à se contenter de peu, à aimer les choses
les plus simples, et à ne jamais se plaindre de rien.
Nous avons un grand combat à soutenir : contre notre esprit,
qui nous égare, séduit par de fausses lueurs et par une funeste curiosité ;
contre nos désirs, qui nous troublent ; contre nos sens
dont les convoitises souillent l’âme et la courbent vers la terre.
Lamentable condition de l’homme déchu ! Mais Dieu ne l’a point
abandonné : il peut vaincre s’il veut. La foi réprime l’inquiétude
maladive de l’esprit, et la fixe dans la vérité. Une entière soumission
à la volonté divine produit la paix du cœur, en étouffant les vains
désirs et ceux même qui trompent la piété par une apparence de
bien. Enfin nous triomphons des sens par la prière, l’humilité,
la pénitence, en châtiant le corps rebelle, et le réduisant en servitude. C’est dans cette guerre de chaque moment que le chrétien
se perfectionne, et c’est en combattant avec fidélité qu’il peut dire
comme l’Apôtre : Je ne pense point être encore arrivé où j’aspire ; mais, oubliant ce qui est en arrière et m’étendant à ce qui est devant, je cours au terme de la carrière pour saisir le prix que Dieu nous a destiné, la félicité céleste à laquelle Il nous a appelés par Jésus-Christ.
aux convoitises des sens, avec une grande force, sans prendre
garde à ce que veut la chair, et à ce qu’elle ne veut
pas, et travailler surtout à la soumettre à l’esprit malgré
elle.
Il faut la châtier et l’asservir, jusqu’à ce que, prête à tout,
elle ait appris à se contenter de peu, à aimer les choses
les plus simples, et à ne jamais se plaindre de rien.
Nous avons un grand combat à soutenir : contre notre esprit,
qui nous égare, séduit par de fausses lueurs et par une funeste curiosité ;
contre nos désirs, qui nous troublent ; contre nos sens
dont les convoitises souillent l’âme et la courbent vers la terre.
Lamentable condition de l’homme déchu ! Mais Dieu ne l’a point
abandonné : il peut vaincre s’il veut. La foi réprime l’inquiétude
maladive de l’esprit, et la fixe dans la vérité. Une entière soumission
à la volonté divine produit la paix du cœur, en étouffant les vains
désirs et ceux même qui trompent la piété par une apparence de
bien. Enfin nous triomphons des sens par la prière, l’humilité,
la pénitence, en châtiant le corps rebelle, et le réduisant en servitude. C’est dans cette guerre de chaque moment que le chrétien
se perfectionne, et c’est en combattant avec fidélité qu’il peut dire
comme l’Apôtre : Je ne pense point être encore arrivé où j’aspire ; mais, oubliant ce qui est en arrière et m’étendant à ce qui est devant, je cours au terme de la carrière pour saisir le prix que Dieu nous a destiné, la félicité céleste à laquelle Il nous a appelés par Jésus-Christ.