1. Le F. Je parlerai au Seigneur mon Dieu, bien que je ne sois que cendre et poussière. Si je me crois quelque
chose de plus, voilà que Vous vous élevez contre moi ; et
mes iniquités rendent un témoignage vrai, et que je ne
puis contredire.
Mais si je m’abaisse, si je m’anéantis, si je me dépouille
de toute estime pour moi-même, et que je rentre dans la
poussière dont j’ai été formé, Votre grâce s’approchera de
moi, et Votre lumière sera près de mon cœur ; alors tout
sentiment d’estime, même le plus léger, que je pourrais
concevoir de moi, disparaîtra pour jamais dans l’abîme de
mon néant.
Là, Vous me montrez à moi-même, Vous me faites voir ce
que je suis, ce que j’ai été, jusqu’où je suis descendu :
car je ne suis rien, et je ne le savais pas.
Si Vous me laissez à moi-même, que suis-je ? rien qu’infirmité ; mais, dès que Vous jetez un regard sur moi, à
l’instant je deviens fort, et je suis rempli d’une joie nouvelle.
Et certes, cela me confond d’étonnement que vous me
releviez ainsi tout d’un coup, et me preniez avec tant de
bonté entre Vos bras, moi toujours entraîné par mon propre
poids vers la terre.
2. C’est Votre amour qui opère cette merveille, qui me
prévient gratuitement, qui ne se lasse point de me secourir
dans mes nécessités, qui me préserve des plus grands périls,
et, à vrai dire, me délivre de maux innombrables.
chose de plus, voilà que Vous vous élevez contre moi ; et
mes iniquités rendent un témoignage vrai, et que je ne
puis contredire.
Mais si je m’abaisse, si je m’anéantis, si je me dépouille
de toute estime pour moi-même, et que je rentre dans la
poussière dont j’ai été formé, Votre grâce s’approchera de
moi, et Votre lumière sera près de mon cœur ; alors tout
sentiment d’estime, même le plus léger, que je pourrais
concevoir de moi, disparaîtra pour jamais dans l’abîme de
mon néant.
Là, Vous me montrez à moi-même, Vous me faites voir ce
que je suis, ce que j’ai été, jusqu’où je suis descendu :
car je ne suis rien, et je ne le savais pas.
Si Vous me laissez à moi-même, que suis-je ? rien qu’infirmité ; mais, dès que Vous jetez un regard sur moi, à
l’instant je deviens fort, et je suis rempli d’une joie nouvelle.
Et certes, cela me confond d’étonnement que vous me
releviez ainsi tout d’un coup, et me preniez avec tant de
bonté entre Vos bras, moi toujours entraîné par mon propre
poids vers la terre.
2. C’est Votre amour qui opère cette merveille, qui me
prévient gratuitement, qui ne se lasse point de me secourir
dans mes nécessités, qui me préserve des plus grands périls,
et, à vrai dire, me délivre de maux innombrables.
Car je me suis perdu en m’aimant d’un amour déréglé ;
mais en ne cherchant que vous, en n’aimant que vous, je
Vous ai trouvé, et je me suis retrouvé moi-même, et l’amour
m’a fait rentrer plus avant dans mon néant.
O Dieu plein de tendresse ! Vous faites pour moi beaucoup
plus que je ne mérite, et plus que je n’oserais espérer
ou demander.
3. Soyez béni, mon Dieu, de ce que, tout indigne que
je suis de recevoir de Vous aucune grâce, cependant votre
bonté généreuse et infinie ne cesse de faire du bien même
aux ingrats, et à ceux qui se sont le plus éloignés de vous.
Ramenez-nous à Vous, afin que nous soyons reconnaissants,
humbles, fervents, parce que Vous êtes notre salut,
notre vertu et notre force.
mais en ne cherchant que vous, en n’aimant que vous, je
Vous ai trouvé, et je me suis retrouvé moi-même, et l’amour
m’a fait rentrer plus avant dans mon néant.
O Dieu plein de tendresse ! Vous faites pour moi beaucoup
plus que je ne mérite, et plus que je n’oserais espérer
ou demander.
3. Soyez béni, mon Dieu, de ce que, tout indigne que
je suis de recevoir de Vous aucune grâce, cependant votre
bonté généreuse et infinie ne cesse de faire du bien même
aux ingrats, et à ceux qui se sont le plus éloignés de vous.
Ramenez-nous à Vous, afin que nous soyons reconnaissants,
humbles, fervents, parce que Vous êtes notre salut,
notre vertu et notre force.
Dieu se montre, dans l’Écriture, plein d’une immense compassion
pour les fautes, si on peut le dire, purement humaines ; mais
il est sans pitié pour l’orgueil, principe de tout mal, pour l’orgueil
qui est le crime propre de l’Ange rebelle, et qui s’attaque directement
au souverain Être. Il a dit : Je suis Jéhova, c’est Mon nom ; je ne donnerai point ma gloire à un autre. Or tout orgueil tend, par
essence, à s’égaler à Dieu, à se faire Dieu : désordre tel que non
seulement on n’en conçoit pas de plus grand, mais qu’on hésiterait
à le croire possible, s’il n’était sans cesse présent sous nos yeux, et si l’on n’en sentait pas le germe en soi-même. Aussi voyez comme
Dieu le foudroie : et d’abord cette ironie qui glace l’âme d’un effroi
surnaturel : Voilà qu’Adam est devenu comme l’un de nous ; Adam
jeté nu, avec son péché, sur une terre maudite ! Adam qui venait
d’entendre cette parole : Tu mourras de mort ! Ses enfants imitent
son crime, leur orgueil s’élève sans mesure. Alors l’Esprit divin :
Comment es-tu tombé, toi qui te levais comme l’astre du matin, qui disais en ton cœur : Je monterai dans les cieux, je poserai mon trône au-dessus des étoiles et je serai semblable au Très-Haut. Voilà que tu seras traîné aux enfers, dans la profondeur du lac : on se baissera pour te voir. Lisez, dans l’Évangile, les effroyables
malédictions prononcées contre les Pharisiens superbes, tandis que
celui qui s’abaisse est à l’instant justifié. Une femme pleure aux
pieds de Jésus, elle s’humilie de ses fautes, elle n’ose presque en
solliciter le pardon, son silence seul supplie. Le Sauveur ému la
console : Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé. Mais l’orgueil n’aime point ; c’est encore là un de ses
caractères, et comme le type infernal. Il est le père de la haine, de
l’envie, de la violence, de la fausse sécurité et de l’endurcissement.
Sorti de l’abîme, il s’y replonge : le reste est le mystère de l’éternelle
justice. O Dieu, ayez pitié de Votre pauvre créature ! Le front dans
la poussière, je m’anéantis devant vous. Je sens, je confesse ma
misère, ma corruption profonde, ma désolante impuissance et tout
ce qui à jamais me séparerait de Vous, si Votre grande miséricorde
ne venait à mon secours par le don gratuit de la grâce. Daignez,
daignez la répandre en mon âme. Ne m’abandonnez pas, Seigneur ;
sauvez-moi, ou je vais périr. O Dieu, ayez pitié de votre pauvre
créature !
pour les fautes, si on peut le dire, purement humaines ; mais
il est sans pitié pour l’orgueil, principe de tout mal, pour l’orgueil
qui est le crime propre de l’Ange rebelle, et qui s’attaque directement
au souverain Être. Il a dit : Je suis Jéhova, c’est Mon nom ; je ne donnerai point ma gloire à un autre. Or tout orgueil tend, par
essence, à s’égaler à Dieu, à se faire Dieu : désordre tel que non
seulement on n’en conçoit pas de plus grand, mais qu’on hésiterait
à le croire possible, s’il n’était sans cesse présent sous nos yeux, et si l’on n’en sentait pas le germe en soi-même. Aussi voyez comme
Dieu le foudroie : et d’abord cette ironie qui glace l’âme d’un effroi
surnaturel : Voilà qu’Adam est devenu comme l’un de nous ; Adam
jeté nu, avec son péché, sur une terre maudite ! Adam qui venait
d’entendre cette parole : Tu mourras de mort ! Ses enfants imitent
son crime, leur orgueil s’élève sans mesure. Alors l’Esprit divin :
Comment es-tu tombé, toi qui te levais comme l’astre du matin, qui disais en ton cœur : Je monterai dans les cieux, je poserai mon trône au-dessus des étoiles et je serai semblable au Très-Haut. Voilà que tu seras traîné aux enfers, dans la profondeur du lac : on se baissera pour te voir. Lisez, dans l’Évangile, les effroyables
malédictions prononcées contre les Pharisiens superbes, tandis que
celui qui s’abaisse est à l’instant justifié. Une femme pleure aux
pieds de Jésus, elle s’humilie de ses fautes, elle n’ose presque en
solliciter le pardon, son silence seul supplie. Le Sauveur ému la
console : Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé. Mais l’orgueil n’aime point ; c’est encore là un de ses
caractères, et comme le type infernal. Il est le père de la haine, de
l’envie, de la violence, de la fausse sécurité et de l’endurcissement.
Sorti de l’abîme, il s’y replonge : le reste est le mystère de l’éternelle
justice. O Dieu, ayez pitié de Votre pauvre créature ! Le front dans
la poussière, je m’anéantis devant vous. Je sens, je confesse ma
misère, ma corruption profonde, ma désolante impuissance et tout
ce qui à jamais me séparerait de Vous, si Votre grande miséricorde
ne venait à mon secours par le don gratuit de la grâce. Daignez,
daignez la répandre en mon âme. Ne m’abandonnez pas, Seigneur ;
sauvez-moi, ou je vais périr. O Dieu, ayez pitié de votre pauvre
créature !