Catholicisme

Imitation de Jésus-Christ, livre 3, chapitre 1 — CHAPITRE PREMIER.

1. J’écouterai ce que le Seigneur Dieu dit en moi.
Heureuse l’âme qui entend le Seigneur lui parler intérieurement,
et qui reçoit de sa bouche la parole de consolation !
Heureuses les oreilles toujours attentives à recueillir ce
souffle divin, et sourdes aux bruits du monde !
Heureuses encore une fois les oreilles qui écoutent, non
la voix qui retentit au dehors, mais la vérité qui enseigne
au dedans !
Heureux les yeux qui, fermés aux choses extérieures, ne
contemplent que les intérieures !
Heureux ceux qui pénètrent les mystères que le cœur
recèle, et qui, par des exercices de chaque jour, tâchent de se
préparer de plus en plus à comprendre les secrets du Ciel !
Heureux ceux dont la joie est de s’occuper de Dieu, et
qui se dégagent de tous les embarras du siècle !
Considère ces choses, ô mon âme ! et ferme la porte de tes
sens, afin que tu puisses entendre ce que le Seigneur ton
Dieu dit en toi.
2. Voici ce que dit ton Bien-Aimé : Je suis votre salut,
votre paix et votre vie.
Demeurez près de moi, et vous trouverez la paix. Laissez
là tout ce qui passe ; ne cherchez que ce qui est éternel.
Que sont toutes les choses du temps, que des séductions
vaines ? et de quoi vous serviront toutes les créatures, si
vous êtes abandonné du Créateur ?
Renoncez donc à tout, et occupez-vous de plaire à votre
Créateur, et de Lui être fidèle, afin de parvenir à la vraie
béatitude.
Écoutons la Sagesse incréée : Mes délices, dit-elle, sont d’être
avec les enfants des hommes. Mais la plupart des hommes ne comprenant
pas son langage, ou craignant de l’entendre, s’éloignent
d’Elle pour s’entretenir avec les créatures. Elle est venue dans le
monde, et le monde ne l’a point connue. C’est pourquoi l’Apôtre nous défend d’aimer le monde, ni rien de ce qui est dans le monde,
parce qu’il appartient tout entier à l’esprit de malice. Si donc nous
voulons attirer en nous l’esprit de Dieu, cet Esprit dont l’onction enseigne toutes choses, séparons-nous du monde ; renonçons à Ses
maximes, à ses plaisirs, à ses sociétés tumultueuses. Jésus ne se
trouve qu’au désert ; Sa voix ne retentit pas dans les lieux publics.
au milieu des assemblées du siècle ; mais, lorsqu’il a résolu de
répandre ses faveurs sur l’âme fidèle, Il la conduit dans la solitude, et là Il parle à son cœur. Comment peindre les délices de ce céleste
entretien ? Qui les a goûtées une fois ne peut plus supporter les entretiens des hommes. O Jésus ! parlez à mon cœur, je veux désormais
n’écouter que votre voix, dans le silence de toutes les créatures.

Source L'Imitation de Jésus-Christ, trad. F. de Lamennais, fr.wikisource.org · Sommaire